Antarctique: Géorgie du Sud (2)

Lundi 7 décembre

A mon réveil le paysage est magnifique, en particulier le ciel avec des nuages lenticulaires que l’on ne trouve qu’en haute montagne.

Nous débarquons ce matin à Grytviken qui est un ancien village baleinier et qui abrite aujourd’hui une base scientifique anglaise. Comme la veille nous sommes accueillis par des otaries mais également des éléphants de mer (famille du phoque). Les otaries que l’on reconnait grâce à leur petites oreilles sont, comme la veille, assez agressives, par contre les bébés phoques, immenses, nous regardent avec leurs grands yeux humides.

(Photos 4,6,7,9,10, 12 : Lorraine)

Le lieu de débarquement se trouve juste en face du cimetière où est enterré Shackleton. Je me recueille quelques minutes sur sa tombe puis je me balade entre les autres pierres tombales. C’est principalement des tombes de pêcheurs de phoques et de baleines, je ne trouve aucune tombe de femme.

La station baleinière est en ruine, les animaux y sont redevenus rois alors qu’il y a un peu moins d’un siècle, à cause de la chasse intensive, ils avaient pratiquement disparus.

(Photos 1 et 2 de Lorraine)

A l’autre bout de la station se trouve aujourd’hui un musée et à côté une poste d’où j’envoie quelques cartes postales. Le bateau postal est parti hier, le prochain est dans 5 semaines et emmènera les cartes aux îles Faulkland d’où elles rejoindront l’Europe en avion.

A 11h, nous avons rendez-vous à l’église avec le groupe pour faire une balade de 2h afin de voir un point de vue sur la station. L’église est très bien préservée, tout est écrit en norvégien car la majorité des baleiniers venaient de Norvège. Dans la petite bibliothèque attenante, la majorité des livres sont d’ailleurs dans cette langue.

Max a la chance de pouvoir sonner les cloches afin d’avertir les passagers que la balade va bientôt commencer. Maxou est crevée et moi aussi, je décide de ne pas faire la petite randonnée et à la place rester à admirer la vie sauvage. J’ai même la chance de voir une otarie allaiter son bébé.

Quand l’heure arrive de rembarquer je n’ai pas envie de quitter cet endroit. J’aimerais y passer quelques mois… Je suis aussi fascinée par la faune que par le climat extrême.

Après le déjeuner je commence à entendre des rumeurs comme quoi notre sortie dans la plus grande manchotière de Géorgie pourrait être annulée à cause de la mer houleuse. Je suis atterrée, c’est la sortie que j’attends avec le plus d’impatience et ma dernière chance de voir des crèches de bébés manchots royaux !

Je vais à la passerelle afin d’avoir les dernières nouvelles. J’y retrouve le commandant ainsi que le chef d’expédition. Le ciel est juste incroyable, il y a des nuages que je n’ai encore jamais vu de ma vie, et d’ailleurs Jean François qui est pilote d’avion depuis 25 ans n’en a lui non plus jamais vu.

D’un coup Max débarque en courant à la passerelle, le commandant lui dit quelques mots mais Max n’y prête aucune attention. Il va directement vers moi, me prends la main et me dit de venir d’urgence… Dès que nous sommes sortis, il me dit que nous devons être prêt dans 5 minutes : Pierre a demandé à José le chef d’expédition si nous pourrions venir en scout, c’est à dire aller faire les repérages avec les naturalistes. C’est une chance juste extraordinaire car premièrement nous sommes surs de descendre à terre et de voir les manchots, deuxièmement nous serons les premiers à y arriver et enfin nous pourrons y passer beaucoup plus de temps que les autres car pour ces débarquement nous ne pouvons être que 100 passagers en même temps à terre et comme sur le bateau il y a 231 passagers il y a 3 rotations d’organisée de plus ou moins 1 heure chacune…

N-0812A Photo de Lorraine

Arrivés à terre, Pierre, notre ami naturaliste, nous demande de l’accompagner visiter la hutte de survie afin de voir si tout le matériel est complet. C’est une chance unique car d’habitude les passagers n’ont pas le droit (ni le temps) de l’approcher. La hutte est assez petite, composée de deux pièces dont une avec 1 lit superposée. Partout il y a des caisses avec des rations de survie et des médicaments. L’endroit est minuscule et je n’aimerais pas m’y retrouver coincée pendant une tempête.

Nous partons vers la rivière que nous devrons traverser afin de voir la manchotière. Sur le chemin nous devons faire face à plusieurs otaries très agressives, heureusement Pierre et sa haute stature leur font peur, nous passons, Max n’est pas rassuré du tout… La rivière est assez tumultueuse, les guides naturalistes hésitent à nous faire passer, certains sont mêmes carrément contre. Je serai folle de rage (!!!) si si près du but on m’empêchait de passer (je crois que j’irai à la nage!). Heureusement José se range du côté de Pierre et décide de tenter le coup. Avec Max nous sommes parmi les premiers à passer. Le courant est assez fort et l’eau m’arrive aux genoux mais ce n’est vraiment pas dangereux.

Enfin le moment tant attendu, en face de moi près de 800 000 manchots. La vue, le bruit et l’odeur sont indescriptibles. Je me pince pour être sure que je ne rêve pas. Max lui aussi est sans voix. Il voudrait pouvoir se déguiser en bébé manchot afin de pouvoir les approcher au plus près.

(Photo Lorraine)

Nous restons ainsi plus de 2 heures. Malheureusement il semble que le niveau de la rivière monte et nous devons donc partir. De l’autre côté il n’y a plus de bébé mais encore plein de manchots royaux adultes.

(Photos 5 et 7 de Lorraine)

Je vois Max qui part avec Jean-François, moi je ne peux pas quitter l’endroit. Elodie a la bonne idée de s’asseoir et un manchot, curieux s’approche d’elle et de son mari. Un peu après un groupe de 6 manchots me fait face, nous passons une dizaine de minutes à nous observer. C’est pour moi une expérience quasi mystique.

Finalement il faut repartir avec un des derniers zodiaques à quitter la plage. Max est déjà retourné à bord et j’ai pu passer plus de 5 heures à terre. Je suis éternellement reconnaissante à Pierre et à José mais aussi à Max car étant le seul enfant à bord il est traité en VIP et sans lui jamais je n’aurais pu rester aussi longtemps à terre. Il est 21h quand nous retournons à bord.

(L’équipe des naturalistes)

Une journée à marquer d’une pierre blanche !

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