Il pleut très fort quand nous nous réveillons. La vue est totalement bouchée, impossible d’imaginer aujourd’hui le paysage de rêve que nous avions hier. Petit coup d’œil à la météo, il ne semble pas faire très beau à l’ouest du pays où je pensais aller. Ok, nous irons donc à l’est du coté de Dunedin. Les distances sont grandes, 300 km hier, environ autant aujourd’hui, mais à la différence de l’Australie le paysage n’est pas du tout monotone et je ne sens pas les kilomètres. Sur le bord de la route plus de kangourous morts mais des lapins et des opossums (également morts).
Premier arrêt : les Moerakis Boulders. Les pierres sont parfaitement lisses et arrondies de 50cm à 2 mètres de diamètre. Mais d’où viennent t-ils. Il y a pleins d’explications plus farfelues les unes que les autres :
ce sont des œufs de dinosaures prêts à éclore (d’ailleurs certains qui sont éclatés renferme une sorte de liquide jaune fossilisé)
des œufs d’extraterrestres qui n’auraient pas pu éclore
des boules de feu tombées du ciel
Bon, d’après mes lectures, les scientifiques penchent plutôt vers des dépôts de calcite autour de noyaux de boue fossilisés (moi je suis sure que c’est des œufs de dinosaures et Max est d’accord avec moi !).
L’endroit n’est pas très grand et quand Max a terminé de sauter sur toutes les roches nous remontons vers le van. Petit arrêt au café pour faire remplir notre gourde d’eau. C’est un français au comptoir, je lui demande s’il y a d’autre chose à visiter autour. Il me conseille d’aller vers le phare de Katiki où il est possible d’observer des otaries et parfois des manchots. Sauf que pour aller jusqu’au phare il faut prendre une route non goudronnée, ce qui est plus ou moins interdit dans mon contrat de location. J’hésite… Finalement j’appelle la compagnie : mon interlocuteur m’autorise à prendre la route vu qu’elle fait moins de 12 km aller retour. Pas très rassurée, j’y vais. La route est bonne mais les pentes très raides, je me demande comment nous allons remonter au retour avec Mastodonte…
Arrivés au phare nous devons descendre quelques centaines de mètres pour arriver près de la plage où nous voyons une otarie, puis 2, 3, 4 … 11 en tout. C’est qu’elles se confondent avec les rochers et ne sont pas faciles à voir du premier coup. Elles paressent, heureuses, au soleil les veinardes. Max, ce coquin, me pince le gras du ventre et m’appelle « grasse otarie » : trop gentil le petiot ! Par contre aucun manchot. Nous allons un peu plus loin et là nous voyons plus loin sur la plage un manchot ! Je sautille de joie. Mon premier manchot ! Nous l’observons avec les jumelles, interdiction d’approcher les animaux à moins de 5 mètres. Nous flânons un peu, il fait beau et la vue est belle. Nous remontons tranquillement quand d’un coup nous apercevons à moins de 2 mètres de nous un couple de manchots ! Nous sommes juste séparés d’eux par un grillage. L’un d’eux porte une brindille dans le bec : ils construisent leur nid. Nous les suivons quelques minutes.
Nous retournons au van, c’est que nous avons encore de la route et la suite de l’évaluation de français (quand on aime on ne compte pas !).
Nous arrivons vers 18h30 à Dunedin. C’est une grande ville, la 5ème du pays. Trop tard pour le camping, mais heureusement il y a deux parking en villes qui tolèrent les campervans. Max fait un peu la tête : « quoi ! Nous allons dormir dans la rue ??? ». Ben oui, y a un début à tout, sauf qu’avec notre van de luxe, dès que nous avons tiré les rideaux, nous sommes comme à la maison !
Mercredi 28 octobre
Réveil glacial comme d’habitude… Pas le courage de faire le petit déjeuner dans le van donc nous mangerons en ville. En sortant du van je vois que le garage à coté de notre place de parking, par acquis de conscience je leur demande si mon véhicule dérange. Réponse : eux non mais c’est un stationnement « 10 minutes max », donc en restant la plus longtemps je risque une amende. Arghhh. Nous tournons dans la ville à la recherche d’une place où nous avons le droit de rester plus de 10 minutes et assez grande pour le van. Résultat de l’équation : rien ! Je trouve juste une place payante pour 2h maximum. Bon et bien petit déj et visite de la ville en 2h et c’est parti !
Nous commençons par un petit déjeuner irlandais (hors de prix ! 23$), il nous reste ensuite une petite heure, rapide tour de la place puis nous allons voir la gare de style « Edwardien » (si ça vous dit quelque chose). La ville doit sa richesse (passée) à la ruée vers l’or qui à la fin du 19eme siècle attira des immigrants du monde entier. Bon aujourd’hui plus d’or mais une ville très sympa. Après la gare nous finissons la visite de la ville par le musée. La encore très éclectique, il y a un peu de tout. J’ai même la chance de pouvoir essayer une robe à la française avec un panier à baleine. Max lui est fasciné par un jeu Atari de mon enfance (préhistorique selon lui).
Il y a 2h30 de vol entre Sydney et Christchurch. La Nouvelle Zélande est composée de deux îles, l’île du Nord et l’île du Sud. Christchurch se trouve au sud-est de l’île.
A l’aéroport les formalités sont très rapides malgré que mes valises soient fouillées de A à Z à la recherche de … nourriture ! La NZ veut préserver son pays de tout risque sanitaire, comme par exemple des légumes contaminés par des insectes.
Il est très tard, presque 23h mais les stands qui vendent des cartes sim sont encore ouverts. Je peux donc prendre un numéro NZ et un pack internet. Cela me permet d’appeler Mark, notre hôte airbnb qui arrive 10 minutes plus tard.
Sa maison est simple. Il loue 5 chambres et nous partageons tous une seule salle de bain un peu vieillotte. Mais se qui me dérange vraiment c’est qu’il fait très froid dans la chambre ! Heureusement le lit à un surmatelas chauffant : ouf ! Dur de passer des 28 degrés de l’Australie aux 2-3 degrés la nuit ici.
Samedi 24 octobre
Sortir du lit est difficile, il fait vraiment très froid. Je prends rapidement nos habits qui sont gelés et je les mets avec nous sous la couette pour les réchauffer ! Puis nous nous habillons sous la couette, ce n’est que tout habillés que nous sortons enfin de sous les couvertures.
Après le petit déj, nous prenons le bus pour aller en ville. Christchurch a subit en 2010 et 2011 deux très importants tremblements de terre. Presque toute la ville a été détruite. Mark nous a raconté que lors du deuxième tremblement de terre il était dans son salon et que d’un coup le mur de sa maison et le toit se sont écroulés, il a juste eu le temps de se protéger en allant dans l’embrasure de la porte.
Dans le centre ville relativement peu de bâtiments ont été reconstruits. La rue commerçante est principalement composée de boutiques qui se trouvent dans des containers. N’empêche, il y a un vrai charme dans cette ville, sans doute aidé par le beau soleil, la relative chaleur et le « street art » un peu partout. Nous visitons le musée dédié aux deux tremblements de terre, malheureusement principalement composé de témoignages verbaux que Max a du mal à comprendre.
Puis nous allons vers la cathédrale qui n’est toujours pas reconstruite. Il y a des joueurs d’échec sur la place, Max est fasciné.
Plus loin nous suivons la rivière qui nous mène au jardin botanique. Il est en pleine floraison : nous sommes au début du printemps. Nous finissons la journée au musée de la ville, très éclectique mais très intéressant.
Demain nous devons récupérer le van, je me demande comment nous allons passer nos 30 jours dedans sans chauffage… Je ne sais pas non plus très bien où aller. En fait c’est la météo qui va guider mes pas : il semble faire beau au mont Cook demain, et bien c’est là que nous iront !
Dimanche 25 octobre
Mark nous dépose au dépôt Apollo à 8h45. Il n’y a personne devant nous et 3 employées devant leur bureau, aucune ne vient vers nous. Hum… Finalement, une d’entre elle me demande mon nom et revient quelques minutes plus tard avec une clé : « La personne qui s’occupe des contrats est occupée, je vais vous montrer le van et vous expliquer comment il fonctionne ». Moi : « Bah, ça va être rapide, j’ai pris le même qu’en Australie ! ». Sauf que ce n’est pas rapide du tout car ce n’est pas du tout le même !! C’est le modèle au dessus, avec toilette et douche et qui est immense ! « Heu…, je pense qu’il y a une erreur, j’ai pris un petit van, pas un mastodonte… ».
La fille part voir sa supérieur, je les voir regarder ensemble le contrat. « Le van que vous aviez réservé est en réparation, nous vous donnons celui la au prix du petit van, c’est à prendre ou à laisser, sans aucun remboursement bien entendu ».
Donc je n’ai pas le choix. Je stresse à mort car je ne me vois pas du tout conduire cette énormité. Max, lui, me conseille de laisser tomber, de prendre nos valises et de partir à pied… Je choisis le van.
Après avoir signé des montagnes de papiers (quoi qu’il arrive au van c’est à moi de payer arghhh), je peux finalement me mettre au volant et démarrer. Rien à voir avec mon petit van, je dois tout réapprendre. Mais avant même d’être sortie du dépôt, je me rends compte qu’il y a bien une caméra à l’arrière du van mais qu’il n’y a pas d’écran à l’avant. Retour à la case départ. Le mécanicien, fait « ah oui, c’est vrai, je vais voir ce que je peux faire… il rajoute qu’en NZ, ce n’est pas obligatoire ». Peut-être mais sans cette option je n’ai aucune chance de ramener le van en entier ! Finalement, il trouve un vieil écran et l’installe. Ca fera l’affaire.
Max n’est pas du tout rassuré quand j’arrive sur la route. Moi non plus. Premier arrêt, le supermarché car nous n’avons aucune provision. Et premier problème, le parking est quasi plein et il n’y a aucune place suffisamment grande pour le van, ses fesses dépassent de plus de 2 mètres sur la route! Je ne peux rien y faire, je l’abandonne ainsi et je vais prévenir la réception du magasin. Ils sont sympas et me disent qu’ils m’appelleront si mon van gêne.
Les courses finalement rangées, nous repartons. Direction le mont Cook vu que c’est la qu’il fait beau. Sauf que sur la route le temps est pluvieux et l’horizon bouché. 200 km plus tard nous sommes proches de la région des lacs et il pleut toujours. D’un seul coup, après un virage c’est le grand beau temps, plus un seul nuage. C’est juste incroyable.
Nous nous arrêtons au bord du lac Tekapo. La vue est à couper le souffle. Je n’ai pas envie de repartir. Et je n’ai pas besoin de repartir ! Eh eh, c’est que notre mastodonte est « self contained » ce qui veut dire qu’il a tout à bord et que nous avons le droit en NZ de camper plus ou moins n’importe où !
Nous passons la fin de l’après midi à faire des ricochés sur le lac. Max devient vite un pro et un addict !
Dès que le soleil se couche, il fait très froid : vite sous les couettes !
Lundi 26 octobre
C’est gelés mais heureux que nous nous réveillons. Nous avons plutôt bien dormi malgré le froid, sans doute grâce à nos deux couettes l’une sur l’autre, nos grosses chaussettes en laine aux pieds et notre bonnet sur la tête !
Il fait un soleil merveilleux dehors. Les montagnes étincelles, en particulier le mont Cook brille de mille feux du haut de ses 3754 mètres, c’est la plus haute montagne de NZ.
Par contre il fait vraiment trop froid pour préparer le petit déjeuner. Nous mettons déjà plus d’une heure à sortir de sous les couettes et à nous habiller. Je mets vite le moteur en route et c’est parti. Nous avons encore une heure et demi de route pour arriver au pied du mont Cook.
Les paysages que nous traversons sont juste incroyables, exactement comme ma collègue Livia et ma maman me les avaient décrits.
Nous longeons pendant près de 30 km le lac Pukaki et ses eaux turquoise. Puis nous montons vers le village. Il n’est pas très grand, c’est le camp de base pour monter au sommet. Il y a d’ailleurs un musée dédié à un très grand alpiniste néo-zélandais: Sir Edmund Hillary qui fût le premier à atteindre le sommet de l’Everest. Comme Max adore aller au musée je prends des tickets, sauf que le musée en lui-même est minuscule et ce que l’on paye vraiment c’est les films qu’ils passent. Nous en voyons d’abord un en 3D sur le mont Cook. Les images sont très belles et j’apprends que selon la légende Maori, les fils du dieu Rakinui exploraient l’océan lorsque leur canoë heurta un récif. Alors que l’embarcation sombrait, les 3 frères réfugiés sur la partie encore émergée furent pétrifiés par un vent glacial. Le canoë se changea en pierre pour devenir l’île du sud de la NZ, les passagers eux, formèrent la chaîne de montagne et Aoraki le frère aîné devint le sommet le plus élevé du pays. Qui d’ailleurs s’appelle aujourd’hui Aoraki/Cook. 5 minutes après la fin du film, il y en a un autre, celui là est sur un écran sphérique et nous apprend plein de chose sur l’univers et les trous noirs : passionnant ! Et comme pas deux sans trois, le dernier est sur la lune mais là je décroche totalement, Max adore, je me concentre donc sur candy crush…
Bon, il y a des films toute la journée, et Max y resterait bien, sauf qu’il fait beau dehors. Nous partons donc faire une petite randonnée, la « Hooker Valley track », qui nous mène vers le lac glaciaire en passant par un pont (très) suspendu. Le lac Hook est juste splendide (oui je commence à être à court de synonyme, mais c’est la faute à la NZ !!). Et même si mes photos sont extraordinairement belles (!!!), le paysage est encore plus beau.
La balade se termine par un monument érigé en mémoire de tous ceux qui sont morts en essayant d’atteindre le sommet du mont Cook, plus de 200 en 80 ans.
En fin d’après midi les nuages commencent à s’accumuler, le temps change, direction le camping. J’ai négocié avec Max une nuit de camping contre une nuit dans la nature.
Le camping est juste à quelques minutes du village, c’est aussi la base pour les excursions en hélicoptère. J’ai à peine payé pour notre site que l’on me propose un tour de 35 minutes en hélicoptère ! En fait il leur manque deux personnes pour avoir un hélico complet, on me propose donc les places presque à moitié prix. Je consulte Max, il ne sait pas hésite. L’hélico est déjà en marche. J’hésite. Je prends une pièce : si face on y va. FACE ! C’est parti, nous voilà une minute plus tard dans l’hélico.
Il y a beaucoup de vent et ça tangue fort. Comme nous sommes les plus légers avec Max, ils nous ont mis devant à côté du pilote. C’est super grisant. Max me sert la main, il est aux anges. Après une dizaine de minutes de vol nous atterrissons un peu en dessous d’un sommet, sur la neige. Max a l’impression d’être dans un rêve. Trop heureux de pouvoir toucher de la neige, il commence immédiatement une bataille de neige. Nous nous amusons comme des fous.
La demi heure passe très vite, je suis quand même soulagée de retrouver le sol !
Après cette journée plus que bien remplie, il est temps de se mettre aux devoirs : évaluation de français (oui, je suis sans pitié). Max est beaucoup moins content que moi d’atterrir…
Nous partons pour Hunter Valley à quelque 200 km d’ici. C’est une région vinicole, sauf que sur la route nous n’avons pas vu une seule vigne !
Il fait très chaud : 32 degrés. Je n’ai pas envie de reprendre le van pour aller visiter les vignobles qui se trouvent d’après la réceptionniste à une dizaine de kilomètres de là. Nous allons nous relaxer au bord de la piscine. Il y a quelques enfants mais aucun ne va vers Max (et lui est trop timide pour aller vers eux…).
Nous arrivons vers la fin de notre voyage en van en Australie, il nous reste 2 nuits en camping. J’ai réservé une nuit au Blue Montain qui se trouve à une centaine de kilomètres de Sydney. Mais en regardant la carte ce soir, je me rends compte que de Hunter Valley nous sommes à plus de 3h de route. En plus la prévision météo est mauvaise. Pas très envie de faire toute cette route pour voir des nuages…gym dans le van !
Dimanche 18 octobre
Il pleut. C’est la première fois en un mois en Australie que je me réveille sous la pluie. Cela m’aide à prendre ma décision, nous partons directement vers Sydney.
En passant nous voyons les vignes, franchement ça ne vaut pas nos beaux vignobles français (oui un peu de chauvinisme n’est pas mauvais pour la santé).
Le camping se trouve à une vingtaine de kilomètres au nord du centre ville. Il est à coté de la mer. La plage est déserte, c’est un jour d’école et le temps est mitigé. Au bord de la mer je découvre un phasme à demi enseveli par le sable. C’est la première fois que Max voit un tel insecte et au départ ne me croit pas, il pense que c’est une branche, jusqu’à ce que la branche remue une petite patte.
Je pose le phasme dans un buisson et c’est presque impossible de savoir où il est !
Bon, et bien ce sera l’aventure de la journée ! Le reste du temps nous ne faisons presque rien. Enfin si, Max son école et moi je me démoralise en regardant la météo en Nouvelle Zélande : il fait beau ces jours-ci mais d’ici la fin de la semaine et donc notre arrivée, il y a un gros avis de tempête avec des températures froides. Que faire ?
Ca ne va pas être facile de vivre dans un van dans ces conditions. Pas de solution.
Nous pourrions aller aux Blue Montains, le temps est meilleur. En même temps je suis tellement stressée par la suite du voyage que j’ai envie de rien faire. En plus Max veut aller en ville. La réceptionniste me conseille de prendre le bus puis le ferry car c’est plus agréable que le bus direct. Ok. Sauf que des bus en période creuse il y en a un toutes les heures et non tous les 1/4h comme elle m’avait dit! Ma mauvaise humeur atteint des sommets et c’est Max qui en fait les frais. Mon petit yogi a beaucoup de patience avec moi. Il me fait remarquer que ça ne sert à rien de stresser, que l’on est pas encore en NZ mais toujours au chaud en Australie. Je sais qu’il a raison, c’est juste plus fort que moi.
Le bus longe la côte, la mer est belle, la banlieue de Sydney est agréable. Nous prenons le ferry à Manly. Le paysage est très jolie et l’arrivée dans la baie de Sydney superbe.
Le bateau accoste juste à coté de l’opéra, mais de la où aller ? Je n’en ai aucune idée. Encore une fois mon manque de planning ! En regardant sur internet je vois que les gens recommandent la balade entre l’opéra et le jardin botanique. C’est vrai que les jardins sont très beaux et après ? C’est Max qui décide : les magasins ! Ok nous allons vers les rues commerçantes, ce qui nous fait passer par des quartiers très agréables où les bâtiments modernes se mêlent aux vieux bâtiments. Nous nous arrêtons sur un banc pour déjeuner, juste à côté de la cour de justice. Max est très étonné quand il voit sortir des hommes et des femmes avec des capes noires et des perruques : les avocats ! Lui qui est en train de dévorer Harry Potter a plutôt l’impression que c’est l’entrée de Poudlard !
Pitt Street et George Street sont deux rues très commerçantes du centre de Sydney. J’en profite pour acheter des sous vêtements chaud ! Max lui préfère s’éterniser à l’Apple store : mise a disposition gratuite de tous les jeux de téléphone…
yeah !!!
En fin d’après midi nous prenons le bus pour le camping. Pas facile de trouver notre arrêt car aucun n’est indiqué. Heureusement, une fois de plus internet me sauve : je trouve le nom de l’arrêt et un passager nous indique quand descendre, ouf !
Mardi 20 octobre
Le réveil sonne à 7h. Je prépare le petit déjeuner et je réveille Max, dans une heure nous devons être partis !
Le trafic à Sydney est très dense. L’agence de location se trouve au sud de Sydney, à plus de 50km de notre camping. Il me faut plus de 1h30 pour y arriver. C’est encore un français qui fait le check out (à Cairns c’est son copain de promo qui nous avait fait le check-in). Comme William à Cairns, il est très sympa et m’aide à porter les valises jusqu’à l’arrêt de bus qui se trouve à 500m. Franchement, sans lui je n’y serais pas arrivée ! Le bus nous dépose à la gare où nous prenons un train pour le centre de Sydney (les quelques mètres à faire jusqu’au quai sont horribles – mes valises sont trop lourdes et surtout mon sac « supplémentaire » pas du tout pratique!).
A la gare je prends un taxi pour les 900 mètres qui nous séparent du airbnb où j’ai réservé une chambre : même pas en rêve je les ferais à pied !
James nous accueille dans son petit appartement. Il se trouve au 14ème étage et la vue est superbe. Notre chambre est toute petite mais nous sommes à Sydney et pour le prix que nous payons nous n’aurions pas pu avoir mieux dans un hôtel.
Nous allons visiter le « powerhouse » muséum, c’est une sorte de musée fourre tout de Sydney. Il y a des petites expositions sur pleins de choses : l’exploration de Mars, les premiers ordinateurs, les wiggles (sorte de groupe pour les enfants comme les musclés en France), la première guerre mondiale, la découverte spatiale etc. Et tout ça sans queue ni tête. N’empêche que nous y passons un très bon moment et nous sommes les derniers à partir à la fermeture.
Nous allons ensuite à Darling Harbour car ce soir nous devons y retrouver Loïck et Chrystelle, deux jeunes gens que nous avons rencontrés à Fraser Island. Ca nous fait super plaisir de les revoir, ils sont vraiment très sympa. Chrystelle nous raconte sa vie de jeune fille au pair et Loïck ses cours d’anglais. Samedi il part pour Melbourne pour chercher du travail.
Nous rentrons vers 10h du soir. Les rues de Sydney sont agréables d’autant qu’il fait encore agréablement chaud. En traversant un parc Max repère un petit animal : aucune idée de ce que c’est (n’hésitez pas à me le dire si vous le reconnaissez) !
Mercredi 21 octobre
Matinée occupée à faire à faire l’école pour Max et la lessive/blog pour moi. Quand nous terminons il pleut ! Heureusement cela ne dure part et nous partons nous balader. Enfin façon de parler, j’ai promis à Max d’aller a l’Apple store… J’en profite pour faire un peu les magasins : 2 bonnets bien chauds et 2 paires de flips flops, celles achetées en Indonésie rendent déjà l’âme.
J’avais aussi promis à Max d’aller au ciné mais franchement il n’y a rien qui nous donne envie, à la place Max négocie une demi heure à « timezone », le bonheur pour tout près-adolescent.
Sur le chemin du retour nous passons devant la « maison » suédoise, il y a de la lumière alors nous entrons. C’est un tout petit local mais il y a tout ce qu’il faut. Des livres en suédois, des gâteaux suédois, des boissons suédoises dont le fameux Julmust qui est la boisson de Noël préférée de tous les enfants suédois. Moi je suis un peu à l’ouest mais Max parfaitement dans son élément. Il en profite pour appeler son papa et lui décrire toutes les bonnes choses qu’il mange (en particulier ce gâteau au chocolat juste DELICIEUX !).
Jeudi 22 octobre
Il pleut beaucoup ce matin. J’ai la surprise d’un coup de fils de mes amis de Bruxelles : Emma, Fabienne, Ivan et Wolfgang, il sont au resto pour voir une 5 amie Alicia de passage à Bruxelles (qui est déjà rentrée!). Il est presque minuit chez eux alors que moi je me réveille.
Matinée relax, évaluation de math pour Max… Il ne comprend pas tout. Hum… Bon avant de m’énerver je regarde. Il a raison, il y a plein de choses qu’il n’a pas encore vu. En fait je me suis trompée la prochaine évaluation est dans 15 jours !
A la maison suédoise, il y a école des enfants ce matin. Nous y allons vers midi. Moyenne d’âge des enfants : 3 ans. Pas grave, Max essaie de leur apprendre à jouer au Uno. Puis il se régale du plat typique suédois köttbulle avec en dessert le gâteau de la veille. La vie est trop duuuuure.
Une des volontaires lui propose de faire un nouveau gâteau au chocolat (c’est qu’il n’y en plus de ce DELICIEUX gâteau!) et voila Max aux fourneaux. Moi je m’occupe de mon blog.
Petit passage à timezone où Max s’amuse encore une petite demi-heure (pour lui c’est à peine 5 minutes !) et quelques dernières courses, puis nous retournons à l’appartement (en passant par la maison suédoise gouter le gâteau de Max !) pour poser nos affaires et il est déjà l’heure de partir à l’opéra.
Il s’est remis à pleuvoir et la température a chuté, conditions idéales pour tester notre équipement « pays froid » !
C’est donc déguisé en esquimaux que nous arrivons à l’opéra. Et bien l’intérieur est très décevant comparé à l’extérieur. J’ai pris des billets pour aller voir un cabaret. Nous sommes dans une petite salle transformée en une grande discothèque. Le spectacle est haut en couleur et son. Max aime beaucoup, moi un peu moins.
Vendredi 23 octobre
Et une matinée relax de plus à Sydney… Max fait ses devoirs et moi je finalise les valises. Tout semble parfait jusqu’à ce que je regarde mon billet d’avion… et la groooos stress! Je me rends compte que mon avion n’est pas aujourd’hui mais demain. Ce qui en soi ne serait pas un grand problème, sauf que nous n’avons plus de logement à Sydney et une chambre réservée à Christchurch. James me confirme qu’il ne peut pas prolonger notre séjour ici car il reçoit une autre personne ce soir.
Je passe donc les 2 heures suivantes à essayer de changer mon billet d’avion. Je suis renvoyée d’une compagnie aérienne à une autre. En théorie mon billet est modifiable (gratuitement) mais comme il comprend beaucoup de vols c’est normalement l’agence qui l’a émis qui doit le changer. Eh eh, mais l’agence est à Paris et c’est le milieu de la nuit, donc aucune chance de ce côté. Les opérateurs sont tous plus désagréable les uns que les autres. Finalement, on me dit que j’aurai une réponse dans les 2 prochaines heures. Il est déjà 13h et notre avion décolle à 17h30. Je lâche prise et avec Max nous partons déjeuner. A 14h15, la compagnie aérienne me rappelle, ils n’ont rien compris, ils sont maintenant d’accord pour changer mon prochain avion pour le Chili… arghhhh l’enfer ! En plus comme je suis dans la rue j’ai du mal à les entendre. Quand enfin, la personne comprend, elle me dit qu’elle ne peut rien faire pour moi, tous les changements doivent être fait 5h avant le départ et là le vol part dans 3h ! Je suis en colère, s’ils ne m’avaient pas renvoyée d’un service à l’autre j’aurais été dans les temps.
Elle me conseille d’aller directement à l’aéroport et d’essayer de changer sur place…
Nous récupérons les valises, remercions James et Alissa pour leur hospitalité et prenons un taxi pour l’aéroport. Au comptoir de la compagnie, le changement est fait en 5 minutes… pour 160$ (frais de changement sur place !)! Hum… le prix à payer pour mon erreur.
Juste le temps de passer l’immigration et la sécurité et nous nous envolons, finalement, pour la Nouvelle Zélande !
Le camping de Burleigh Heads est tout à côté de la plage et notre emplacement juste à côté de la salle télé où Max court dès qu’il a terminé l’école…
L’après midi nous allons sur la plage. Le ciel est couvert et il y a beaucoup de vent. Max s’amuse à faire des châteaux de sable. Il y a aussi beaucoup de méduses mortes sur la grève, ce qui ne donne pas envie d’aller se baigner. Au loin on voit les grattes ciels de Gold Coast qui donne à la plage un air de Manhattan.
une méduse et son loooong filament
Je me renseigne quand même pour des leçons de surfs mais la mer est trop houleuse : pas bon pour les surfeurs débutants.
Samedi 10 et dimanche 11 octobre
Finalement nous restons 3 jours ici. La vie est tranquille et notre routine nous plait : école pour Max le matin et le soir, pour moi mise à jour du blog et surtout payement des factures et gestion administrative (eh eh, même au bout du monde les factures continuent d’arriver !!), puis l’après midi, plage.
En fin d’après midi l’activité passe de la plage à l’esplanade où des activités de cirque sont proposées aux enfants, il y a aussi des joueurs de djembé, des jongleurs de feu… et tout ça avec en fond les cris assourdissants des perroquets.
Lundi 12 octobre
Nous repartons à l’aventure aujourd’hui, enfin relativement… Nous partons vers Springbrook un parc national de l’arrière pays. Entre Burleigh Heads et Springbrook, il y a moins de 30km de distance mais le changement est radical. Forêts humides et cascades un peu partout.
Il y a plein de balades à faire et avec Max nous les faisons toutes (au grand dam de Maxou qui n’aime pas marcher…). Enfin, dès qu’il y est, il marche bien, rapidement et ne se plaint que toutes les 5 minutes : « c’est encore loin ?? »
En fin d’après midi nous rejoignons le camping du parc national. Pour y avoir un site, j’ai du faire une demande de permis auprès de l’état du Queensland. Le camping est tout petit, 11 sites dont seulement 4 pour les campings cars et surtout peu de confort, juste un point d’eau, des toilettes et bien sur un espace barbecue. En Australie, il y en a juste partout ! Ils sont gratuits, propres et fonctionnent parfaitement.
Max s’installe pour faire ses devoirs mais très rapidement il est interrompu par la faune sauvage : il prend ses jumelles et observe. C’est la plus belle salle de classe du monde !
A une vingtaine de kilomètres de notre camp, il y a une grotte où il est possible d’observer des milliers de vers luisant la nuit. J’hésite à y aller… Les routes sont très sinueuses et pas en très bon état, finalement je renonce. Et bien m’en prend ! Quelques minutes plus tard un orage assez violent éclate : que nous sommes bien dans notre petit van ! Enfin théoriquement, car bien sur dans ma tête j’imagine le pire, genre glissement de terrain…
Mardi 13 octobre
Le temps est magnifique, plus aucune trace de l’orage d’hier. Petit déjeuner d’œufs à la coque-mouillettes qu’il faut défendre contre les oiseaux qui n’ont peur de rien et réussissent quand même à me voler, juste sous mon nez, 2 mouillettes bien beurrées ! Max essaie de leur faire peur en leur lançant des cailloux … hum, la seule cible qu’il atteint c’est moi et en pleine tête !
Ce matin dernière balade dans le parc : Natural Bridge. La balade est magnifique même si de jour nous ne pouvons pas voir les vers luisants.
Quelques kilomètres plus loin, nous quittons l’état du Queensland pour la Nouvelle Galle du Sud et en même temps nous perdons une heure !
Une heure et demi de route et nous arrivons à Byron Bay. C’est une ville très sympa et connue pour son mode de vie « new age », c’est aussi la ville la plus à l’est de l’Australie.
Nous avons juste le temps d’aller faire un tour sur la plage avant que s’abatte un bel orage, j’en profite pour aller faire un tour au supermarché.
Devoirs et cuisine : la routine
Mercredi 14 octobre
J’ai essayé de convaincre Max d’aller faire du surf, mais sans succès, il a trop peur des méduses. Et c’est vrai qu’il y en a pas mal.
A la place nous allons faire une belle marche le long de la côte pour rejoindre le phare. La balade est splendide. Il y a des points de vue incroyables où nous avons la chance de voir des dizaines de dauphins mais également pas mal de baleines. Pour moi c’est toujours une surprise et un émerveillement de les voir, je ne m’en lasse pas. Max lui est un peu plus blasé. Lui ce qui l’intéresse, c’est le contact direct avec les animaux qu’il essaie d’approcher en leur offrant un peu de pain.
Le phare est très joli, il date de 1901 et c’est toujours le plus puissant d’Australie. En redescendant du phare nous passons près d’une caméra avec un objectif immense. Curieuse je demande à l’homme assis à côté (et dont on ne voit que les yeux, le reste de son visage étant caché par une cagoule) ce qu’il filme. Il s’appelle Davis et m’explique qu’il réalise des documentaires. Aujourd’hui il essaie de filmer des aigles et en particulier l’aigle d’Australie qui est le plus grand d’Océanie. Malheureusement sans succès, il n’a pu filmer que de plus petits aigles et nous avons d’ailleurs la chance d’en voir un voler juste au dessus de nous.
Le retour vers le camping est un peu effrayant (enfin un tout petit peu), c’est la tombé de la nuit et nous traversons une forêt où les branches tortueuses des arbres ressemblent à des serpents. En plus nous ne croisons personne. Nous arrivons au camping à 19h, juste après la tombée de la nuit.
La balade faisait moins de 5 kilomètres mais entre arrêt pique nique et Max qui « se repose », nous avons mis plus de 5 heures à revenir au camping !
Jeudi 15 octobre
Je veux rejoindre Port Macquarie, qui se trouve à 400 km d’ici, c’est que notre voyage en Australie touche à sa fin et je dois rendre le van le 20 à Sydney.
pique nique sur la route
La route est très agréable, les paysages sont variés et nous longeons assez souvent la côte et surtout il n’y a pas de cadavre de kangourou sur le bord de la route !
Nous arrivons vers 17h, je n’ai pas réservé de camping car c’est le milieu de la semaine et hors vacances scolaires… Sauf que le camping est complet ! Heureusement la réceptionniste a pitié de moi et nous trouve un petit emplacement.
Max repère une famille de 3 enfants et quelques minutes plus tard il est dans la piscine à jouer avec eux.
Vendredi 16 octobre
La famille est partie tôt ce matin et la moyenne d’âge du camping remonte abruptement : 75 ans minimum !
J’arrive à convaincre Max de refaire aujourd’hui une balade le long de la côte. Sympa mais beaucoup moins belle que celle d’hier !
Sur le retour je m’arrête chez un ostréiculteur acheter une douzaine d’huitre. Elles sont vendues ouverte et sans eau ni coquille supérieure et surtout ce qui m’étonne c’est que la vendeuse m’assure que je peux les garder ainsi une semaine au frigo !
Le soir je prépare un repas de fête : pâtes au pesto pour Max, huitres pour moi et fraises à la chantilly en dessert !
Petite grasse matinée… enfin ! Max met plus de temps à sortir du lit, mais dès que ces amis sont là il est prêt en 2 minutes.
Il y a un marché très connu, ce matin, à une demi heure de voiture de Noosa, j’ai envie d’y aller et en même temps je sais qu’il y aura un monde fou et que ce ne sera pas facile de garer le van. Je respire un bon coup et je laisse tomber. A la place je fais faire ses devoirs à Max, je range le van et je fais les courses: fun !
Max passe la fin de l’après midi avec ses copains et moi j’essaie de mettre à jour mon journal.
Dimanche 4 octobre
Je passe la matinée sur mon journal et l’après midi je supervise l’évaluation de français de Max.
Il a toujours du mal à se mettre à l’école, j’ai beau lui expliquer la « chance qu’il a », essayer les menaces etc. rien n’y fait, il faut au moins une demi heure de parlementassions pour le faire travailler et j’en ai assez. Je lui mets un ultimatum : ou il s’y mets tout seul sans rechigner, ou nous rentrons en Belgique. Et je suis sincère quand je le lui dis. Il le sens et me jure qu’il va faire de son mieux : il veut continuer le voyage. Je suis doublement soulagée !
L’évaluation est difficile mais Max la fait sérieusement et même de bon cœur.
Le soir c’est la grande finale de rugby australien. Tout le monde est devant son écran. Moi je n’y comprends rien : je continue mon journal.
Lundi 5 octobre
C’est la fête du travail en Australie ! Tout le monde est en vacances, mais comme c’est aussi le dernier jour des vacances, il y a beaucoup de personnes qui plient leur tente. Nous on reste peinards encore une journée, vu que ma carte de crédit devrait arriver demain.
Le début de la journée est consacrée à l’apprentissage de la poésie qui fait aussi partie de l’évaluation: laborieux… Mais en fin de matinée Max y est presque. Je laisse « murir » et nous partons à la plage. Comme tout le monde remballait au camping, je pensais que nous serions tranquilles à la plage, malheureusement il y a encore beaucoup de monde et peu de places de parking, surtout pour un van. Bon finalement j’arrive à me garer et nous nous posons à la première plage que nous voyons. Sauf qu’au bout de quelques minutes la marée montante envahie la plage et nous rebroussons chemins. Nous allons en ville chercher une glace… au nitrogène ! Marrant mais vraiment rien de spécial. J’achète une pelle à Maxou et nous allons sur la plage principale de la ville où il s’amuse à creuser des trous.
La nuit tombe vers 18h et à 16h le soleil est déjà bas dans le ciel et la température devient plus fraîche. Nous partons de la plage pour la marina où nous embarquons pour une « croisière-couchée du soleil- sur Noosa river » : 10$/pers, c’est rare d’avoir une activité aussi peu cher en Australie !
D’autant que la croisière est très agréable et le capitaine et son aide d’une grande gentillesse. Max a même le droit de conduire le bateau.
Mardi 6 octobre
Enregistrement de la poésie de Max (quel soulagement quand elle est « dans la boîte ») et évaluation de math. En fin de matinée je reçois le coup de téléphone tant attendu : ma carte de crédit est finalement arrivée !
A midi les maths sont terminés et le van prêt à partir, nous allons directement à Drop bear aventures où Lee que j’ai eu une demi douzaines de fois au téléphone et au moins le double par email m’accueille comme un vieille connaissance et me tend ma lettre, couverte de timbres comme à l’ancienne ! Elle est adorable, comme tout le team, et offre à Max un tee-shirt afin qu’il se souvienne de ses aventures sur Fraser Island.
Nous allons déjeuner à Sunshine Beach car impossible de se garer près de la plage de la ville (et pourtant ce n’est plus les vacances !). La plage est très belle et peu fréquentée. Max s’éclate dans le sable et les vagues. Au loin je vois passer un groupe de 6 ou 7 baleines : la journée est juste parfaite !
J’en profite pour appeler Magali et la remercier, sans elle et son aide sur Bruxelles, jamais je n’aurais pu récupérer cette satanée carte de crédit !
Mercredi 7 octobre
Le réveil sonne ce matin car nous allons à « l’Australia Zoo », le zoo le plus connu d’Australie car propriété du très célèbre Steve Irwin, le crocodile Dundee australien. L’entrée est assez chère : 100$ pour Max et moi et le zoo plus petit que je le pensais. Sincèrement avec Max nous préférons celui de Plankendael près de Bruxelles. N’empêche, qu’ici il y a pleins de crocodiles et surtout il est possible de toucher les koala et de nourrir les kangourous (qui ont l’air d’être sous anesthésiant…) : Max est aux anges. Surtout quand il découvre une maman et son bébé kangourou qu’il a le droit de nourrir.
Il y a aussi un petit « show » à l’américaine, où entre autre, ils nourrissent un grand crocodile salty.
Nous voyons aussi des Casoars et tous les serpents mortels, résidents permanents australiens…
Nous quittons le zoo en fin d’après midi pour Brisbane. Le camping est proche du centre (enfin relativement, à 15 mn en bus), petit, surpeuplé et surtout pas de pièce télé ce qui le rend définitivement détestable pour Max !
Jeudi 8 octobre
La matinée est consacrée à mon ordinateur Apple… Depuis l’Indonésie j’ai un problème de luminosité de l’écran qui devient de façon aléatoire noire ou parfois clignotant : pas très rassurant ! RDV au Genius bar d’un mall de Brisbane. Mon petit mac est pris en charge immédiatement. Très vite le technicien me rassure, le pronostic vital n’est pas engagé, et après 15 minutes en salle d’opération, il me le rend guéri !
Je laisse Max à l’Apple store où il s’éclate avec tous les jeux sur tablette et je vais faire un tour dans les magasins. C’est vraiment juste pour le plaisir car je n’ai rien à acheter, d’autant que la journée est pluvieuse donc temps parfait pour faire les boutiques.
Après avoir posé le petit MacBook convalescent dans le van, nous partons pour visiter Brisbane. Le bus nous arrête devant un musée avec une grande sculpture de Dinosaure. Tout de suite Max me dit qu’il veut visiter le musée ! Impossible de lui dire non (bah, c’est pas tous les jours qu’il est aussi enthousiaste pour visiter un musée !!), malheureusement l’expo des dinosaure est terminée depuis 3 jours… Mais heureusement pour Max, elle est remplacée au musée des sciences par une expo sur les secours en mer et terre : il est enchanté.
Nous y restons près de 2 heures et je dois forcer Max d’en partir, j’ai quand même envie de voir la ville ! Bon finalement ce qu’on aura vu c’est la principale rue commerciale où se mélangent des immeubles ultra modernes avec quelques (rares) immeubles anciens.
J’avais prévu de rester 3 jours à Brisbane mais dès aujourd’hui j’ai envie de repartir ! Malheureusement les camping à Byron Bay où j’aurais aimé aller sont complets : demain c’est le début du weekend… C’est vraiment chiant de devoir toujours tout planifier en avance et ce n’est même pas encore la haute saison !
Finalement je trouve un camping en bord de mer à Burleigh Heads, une petite ville au sud de Gold Coast.
Pas une très grande motivation ni pour Max ni pour moi ce matin. Max me demande pourquoi nous devons partir de notre petite maison (le van)? Impossible de lui répondre. En fait je me suis inscrite à ce tour car Julien que nous avons rencontré sur le bateau (voir post croisière de Flores à Gili air) m’avait dit que c’était vraiment l’excursion à faire en Australie. Mais je dois avouer que je n’ai même pas eu le temps de regarder le programme, je sais juste que nous allons rouler en 4×4 sur la plage…
Max aimerait que l’on annule, je ne suis pas loin d’être d’accord avec lui mais bon cela voudrait dire plus de 500 euros perdus et en plus ma nouvelle carte de crédit doit arriver dans leur bureau de Noosa : on y va !
Le rendez vous est à la station de service Shell de Rainbow Beach, mais avant nous devons aller dans un hôtel de backpackers pour voir une vidéo sur la conduite sur le sable. Moi, je n’ai pas du tout l’intention de conduire (sur le sable ou ailleurs !) avec près de 2000 km dans les roues en 10 jours, j’ai eu ma dose !
A 10h nous retrouvons le groupe. Je me rends compte que ce n’est QUE des backpackers avec une moyenne d’âge de 21 ans, Max et moi faisons exotiques (pour être poli). J’ai encore moins envie d’y aller, surtout qu’au loin mon petit van me fait de l’œil… Moi qui avait dit à Max que j’étais sûre qu’il y aurait des enfants de son âge…
Bon, plus le temps de faire machine arrière, les bagages sont embarqués et nous montons dans les différents 4×4. Nous sommes dans celui du guide, Andrew, sauf qu’à l’arrière de ce 4×4 ce sont des banquettes qui se font face et nous sommes 9 serrés comme des sardines. Privilège de l’âge (arghhh), on me propose de monter devant ! J’y vais avec soulagement et Max m’y rejoint car il y a une demi place pour lui avec ceinture de sécurité.
C’est parti ! Nous prenons la barge qui nous emmène en 15 minutes sur l’île, Andrew montre à Max des dauphins qui sautent au loin.
Arrivés sur l’île nous dégonflons les pneus afin d’avoir une meilleur adhérence et d’éviter de s’enliser.
Fraser Island est très grande, elle mesure 123km de long sur 25 de large et c’est la plus grande île de sable du monde. Nous mettons près de 40 minutes à rejoindre notre campement, il faut dire que la marée est haute et que la conduite sur le sable « mou » est difficile.
Après le déjeuner nous partons en direction du lac Wabby, 10 minutes de voiture et 40 minutes de marche. Nous passons une grande dune où des enfants font du surf sur le sable avant d’atterrir dans le lac. Max les regarde avec envie.
C’est un lac d’eau fraîche, comme il y en a plus de 100 sur l’île et ils ont des eaux parmi les plus pures au monde. Ce lac est très profond (12mètres) et son eau est très fraîche, malgré la chaleur je n’arrive à y plonger que mes doigts de pied ! Même Max n’arrive pas à s’y baigner. Je discute avec mes (jeunes) camarades et d’un coup je vois Maxou en haut de la dune avec une planche de surf. Je ne sais pas comment il fait, mais dès que j’ai le dos tourné il se fait des copains ! Un, deux, trois et hop, il saute sur la planche et dévale la dune jusqu’à sauter dans le lac. Il est heureux et je suis super fière de lui.
Au dessus de nous un aigle plane.
En fin d’après midi nous retournons au camp. Je suis contente de la journée, mais je me demande bien ce que l’on va faire les 2 prochains jours : le paysage, même s’il est beau me semble monotone.
Max, lui, est de plus en plus content d’être là, il parle avec tout le monde et raconte (en anglais !) notre voyage. Il a aussi très vite repéré les quelques français du groupe. Les jeunes le prennent comme mascotte et lui apprennent pleins de jeux de carte.
Le campement est très basique, toilette sèche, générateur (de poche) pour l’électricité et petites tentes pour dormir. Autour de la cuisine, il y a un système de barrière électrique pour empêcher les dingos de venir. Nous ne devons avoir aucune nourriture dans les tente, ni savon ou shampoing afin d’éviter une attaque de dingos. Les dingos sont des chiens sauvages. La race de dingos de Fraser Island est la plus pure d’Australie. Nous devons toujours nous déplacer en groupe et avec un bâton afin de pouvoir repousser une attaque
Après le repas je vais sur la plage avec Maxou, il fait nuit mais le ciel est éclairé par un orage que nous voyons au loin.
Jeudi 1er octobre
Levés à 6h du matin, Andrew veut que nous partions tôt afin d’arriver sur les sites avant les autres groupes. Andrew a un parcours assez fabuleux. Il est né à Rainbow Beach et Fraser Island était son terrain de jeu pendant toute son enfance et son adolescence. A 15 et demi, il est parti de chez lui pour voir le monde et il a voyagé pendant près de 17 ans à travers le monde. Enfin quand je dis le monde, je veux dire tous les spots de surf du monde ! Il a aussi été pendant 12 ans boxeur professionnel. En même temps, il est d’une gentillesse incroyable. C’est un bonheur de faire la route à ses côtés. Il nous raconte tout le temps des histoires sur l’île mais aussi sur sa vie. Max ne le quitte pas d’une semelle.
Notre premier arrêt est à une petite rivière d’eau parfaitement pure, nous pouvons même la boire, elle est fraîche mais que c’est agréable de se laisser porter par le faible courant.
Nous nous arrêtons ensuite près de l’épave du Maheno. Ce bateau a une histoire très particulière. Il a été construit en 1905 en Ecosse comme bateau de luxe. En 1914 il a été transformé en bateau « hôpital » pour les soldats, puis a été rendu à ses propriétaires pour redevenir un bateau de croisière. En 1935 il a été vendu aux japonais mais sur le chemin vers le Japon, un fort cyclone le brisa aux abords de Fraser Island et depuis sa carcasse rouille sur la grève.
Quand il était petit, Andrew s’amusait à visiter l’intérieur de l’épave mais elle est maintenant tellement abimée que nous n’avons plus le droit de l’approcher.
Nous allons ensuite à Indian Heads, un promontoire nommée ainsi par James Cook car lorsqu’il passa au large de l’île en mai 1770 il y vit des aborigènes qui s’était rassemblés pour voir le bateau.
La vue depuis ce site est magnifique, les eaux en dessous sont cristallines et nous pouvons voir une grande raie Manta nager, au loin des baleines font des galipettes. Je ne suis pas très rassurée car j’ai le vertige et je trouve que tout le monde est un peu près du bord.
Je m’éloigne un peu vers la droite quand d’un coup je vois un serpent. Je m’éloigne un peu et je préviens le groupe et surtout Andrew, je m’apprête à le prendre ne photo quand Andrew nous enjoint de nous éloigner tous très rapidement… Ce serpent est un taïpen, c’est un des serpents les plus venimeux au monde, son venin est 100 fois plus toxique que celui du crotale et 25 fois plus toxique que celui du cobra. Une dose de ce venin peut tuer 100 hommes adultes. Il existe un sérum mais aucune chance de le recevoir à temps sur cette île ! Max est livide, il veut partir. Heureusement que j’ai vu ce serpent à temps car il se dirigeait directement vers notre groupe ! C’est très rare d’en voir car il vit dans des endroits très reculé et en général évite la présence humaine.
En redescendant nous rencontrons un pêcheur au harpon qui ramène un énorme poisson. La pêche au harpon est assez dangereuse dans ces eaux car elles sont infestées de requins dont le grand requin blanc.
Nous allons ensuite à « champagne pools », ce sont deux piscines naturelles que la mer remplie d’écume d’eau salée, elles sont donc sans requin ni méduse. Andrew montre à Max de nombreux poissons, mollusques etc (désolée je n’ai pas retenue leurs noms !).
Nous déjeunons de l’autre côté de l’île, à l’ombre des arbres. Fraser Island est la seule île de sable sur laquelle pousse une forêt tropicale. Avant l’exploitation massive de ces bois, il y avait d’énormes arbres sur l’île, de ces arbres géant, il n’en reste que 3 qui ont prés de 1200 ans et un tronc de plus de 4 mètres de large.
La journée est magnifique, le charme de Fraser fait son effet sur moi, je me sens bien. Max aussi est heureux sur cette île, il aimerait rester plus longtemps et me dit que si je décide d’y vivre, il viendra souvent me rendre visite…
En fin d’après midi nous passons par une petite épicerie où Andrew nous offre, à Max et moi une glace… Les autres sont un peu jaloux.
Sur le chemin du retour nous croisons un dingo sur la plage.
Retour au campement : nous sommes tous sur les rotules mais heureux. Au campement les groupes se sont formés par langues, nous sommes avec les français : Christelle a 20 ans est fille au pair à Sydney, Loïck qui vient d’arriver en Australie cherche du travail, Charles-Antoine et Yohan eux sont en vacances.
En attendant le dîner, nous allons sur la plage où Tom et Judy ont commencé à pêcher. Max est super excité, il rêve de pêcher ! Comme appâts, ils utilisent les pipies (des sortes de palourdes) que nous avons récolté dans l’après-midi.
Tom laisse sa cane à pêche à Max. Il a les pieds dans l’eau mais pas trop loin car il y a des requins… D’un coup la cane à pêche de Max se courbe : il y a un poisson qui a mordu à l’hameçon !
Max est HEUREUX. Il rejette le poisson à la mer.
Le soir après le dîner nous allons faire un tour à la plage. La nuit est noire, la lune ne c’est pas encore levée. Le ciel étoilé est magnifique, il n’y a pas de lumière parasite. Max allume sa torche et devant nous, il y a un dingo. Pas très rassuré nous décidons d’aller nous coucher !
Vendredi 2 octobre
J’ai mis le réveil à 5h car je veux voir le levé du soleil. Max me suit, il n’a pas envie de rester tout seul dans la tente. Sur la plage, Tom et Judy sont déjà en train de pêcher. Max aimerait bien lui aussi essayer mais il n’ose pas leur demander et les deux passionnés ne le lui propose pas.
Après le petit déjeuner, Mark nous donne une leçon de boomerang. Max a le coup immédiatement, ce qui n’est pas mon cas. Pour me rassurer Mark me dit que son boomerang est pour les droitiers et non pour les gauchers (mouais).
Nous quittons le campement vers 8h, direction le lac McKenzie. C’est le lac le plus connu de Fraser Island, il fait 1.2km sur 900m mais ce n’est pas cela sa particularité, c’est le sable qui l’entoure qui est composé de pure silice et l’eau du lac qui est tellement pure que quasi aucun poisson ne peut y vivre.
Après une rapide baignade, Andrew emmène Max pour lui donner une leçon de boxe. Max est aux anges. Jogging et pompes au début puis les rudiments du combat.
Max revient épuisée et me demande de le recouvrir de sable pour le rafraîchir.
Nous reprenons le 4×4, l’intérieur de l’île est luxuriant, la route très cahoteuse. Nous nous arrêtons près d’une rivière dont les eaux sont translucides, le fond est du sable blanc. Ici pousse une fougère préhistorique très rare.
Nous déjeunons et c’est déjà l’heure de partir. Petit stop au resort de Mark, le boss, puis nous prenons la barge pour Rainbow Beach. Mais juste avant de partir j’ai encore la chance de voir un aigle attaqué par une mouette… et c’est la mouette qui l’emporte !
Je suis quand même contente de retrouver notre petit van, même si je découvre que le lait a coulé un peu partout… Autre mauvaise nouvelle, Mark m’annonce que ma carte de crédit n’est toujours pas arrivée. Je suis étonnée car elle aurait déjà du être là depuis 2 jours. Quelques coups de téléphones plus tard, j’apprends que DHL ne la livrera que mardi car lundi est férié : fête du travail.
Changement de plan : nous resterons donc à Noosa où se trouve le quartier général de Mark jours et non deux comme prévu. En même temps cela nous permettra, enfin, de nous poser un petit peu.
Noosa est à près de 200km, il nous faut 1h30 pour y arriver juste au début de la nuit et sans faire aucune mauvaise rencontre !
Max se fait deux copains après le dîner et part avec eux faire un cache-cache de nuit…
Presque 300 km pour aller jusqu’à Hervey Bey, rien à signaler à part que les presque 300 km se sont transformés en plus de 300 car j’ai loupé un intersection et je ne m’en suis rendue compte qu’un certain temps (???) après.
Au camping Max arrive à me convaincre d’aller avec lui à la piscine… en fait au spa qui est à coté de la piscine et qui est chauffé à 35 degrés. Très difficile d’en sortir car dehors il fait frais et venteux ! Mais que c’est bon un bain chaud !!
Quatre enfants s’amusent dans la piscine, Max les regarde avec envie mais n’ose pas y aller. Heureusement un des enfant vient lui demander de se joindre à eux, Max hésite et finalement se laisse convaincre. Je les laisse s’amuser, je suis contente que Max joue finalement avec des enfants.
Le soir après les devoirs, il les retrouve pour jouer au billard : il est heureux.
Mardi 29 septembre
Ce matin nous allons voir les baleines, je suis super excitée à cette idée et en même temps un peu inquiète : allons nous vraiment en voir ?
Le grand catamaran part à 8h30, nous sommes beaucoup à bord, toujours les vacances scolaires… Nous trouvons une place à l’avant du bateau.
Il nous faut environ 1h pour rejoindre Platypus Bay qui est normalement un bon spot d’observation des baleines à bosse. Elles passent chaque année de juillet à novembre par Hervey bay pour se reproduire et élever leurs petits avant de repartir vers l’Antartique (où nous espérons bien les retrouver en décembre !).
Au loin j’aperçois un geyser : les baleines ne sont pas loin. Max à l’aide de ses jumelles essaie (avec un succès mitigé) d’en repérer d’autres. Une petite demi heure passe et toujours rien. Arghh un geyser et c’est tout ?
Ouf, le capitaine a repéré quelque chose et vire de bord. C’est une baleine et son baleineau qui joue près d’un petit bateau de plaisance (sincèrement vu la taille des bêtes, je me sens plus en sécurité sur mon GRAND catamaran !). Plus loin nous en voyons d’autres et encore d’autres : il y en a partout !
Notre guide nous explique que le geyser que nous voyons n’est pas constitué d’eau mais d’air très chaud qui sort des poumons brûlant de la baleine et qui au contact de l’air frais produit ce geyser de fumée.
Elle nous explique aussi que c’est surtout les petits qui sautent car la mère est fatiguée, elle doit nourrir son petit qui grossit de 80 kg par jour alors qu’elle ne mange rien. Ce n’est quand Antartique qu’elle trouvera suffisamment de krill pour se nourrir, elle en consomme près de 2 tonnes par jour !
Nous voyons aussi pas mal de mâles qui entourent la femelle, car c’est aussi un moment de reproduction. Pour la séduire il va danser et chanter. Son chant est très harmonieux, il a une structure bien définie, la mélodie en elle même dure une trentaine de minute et peut être répétée pendant des heures. Grâce à un micro placé dans l’eau, nous avons même la chance d’entendre un chant: Max me demande s’il y a des vaches dans la mer…
La balade se termine trop tôt à mon goût.
Dès que nous accostons, avec Max nous reprenons le van pour aller à Tin Can Bay, 120 km, une heure et demi de route : la porte d’à côté selon les standards australiens.
Dîner de kangourou et purée de pomme de terre, puis je fais la valise : demain nous laissons le van pour partir 3 jours à Fraser Island.
Beaucoup de kangourous morts sur le bord de la route
Et une erreur de navigation qui fait que nous nous retrouvons au crépuscule au milieu de nulle part. Je m’étais pourtant dit que je ne conduirais pas de nuit en Australie (et vu le nombre de kangourous morts sur le bord de la route, je sais pourquoi !) mais là je n’ai juste pas le choix.
Je réduis de beaucoup ma vitesse et nous continuons. D’un coup un kangourou immense saute au milieu de la route, juste en face de nous. J’ai juste le temps de freiner et de dévier, heureusement il n’y aucune voiture en face de nous. En moins de 2 secondes, il a disparu dans les bois. Max et moi sommes choqués. Max me demande d’avancer à 10km/h, j’avance à 60km/h. je ne peux pas aller plus lentement car sinon je risque un accident avec les voitures qui arrivent très rapidement derrière nous et qui klaxonnent.
Finalement vers 18h30 nous voyons de la lumière : un macdo !! Nous nous y arrêtons pour dîner et nous remettre de nos émotions. J’en profite pour réserver un camping à 3km de la.
Le camping est vraiment miteux mais nous sommes trop heureux de nous y poser !
Samedi 26 septembre
Juste 120 km nous sépare d’Agnes Water, nous y arrivons vers 10h du matin juste à temps pour que Max puisse participer à un cours de surf ! Après une petite demi heure de théorie, tout le monde prend sa planche et c’est parti ! Je suis super fière de Max quand je découvre qu’il se débrouille très très bien. Il arrive presque immédiatement à tenir debout sur sa planche. Et il ADORE ! Ce n’est que lorsqu’il est bleu de froid qu’il décide de sortir de l’eau.
Malheureusement tous les campings sont complets à Agnes Water et j’ai la chance d’avoir le dernier emplacement à 1770. Oui je dis bien à 1770, c’est le nom de cette petite ville nommé ainsi car c’est le deuxième endroit où le Capitaine James Cook amarra en Australie en mai 1770.
Je me sens crevée et irritée. Depuis notre arrivée en Australie, je n’arrête pas d’être en mouvement et surtout sans jamais savoir ce que nous allons faire et où nous allons dormir le lendemain. Ce qui fait que je stresse et que je dois prendre des décisions très hâtives. En plus, conduire tout le temps et seule est pour moi difficile. Et le matin et le soir il faut trouver le temps et la patience pour faire l’école à Max tout en cuisinant. Arghhhhhh (sans parler de mon blog… qui est juste abandonné pour le moment).
Bien sur c’est Max qui fait les frais de cette très mauvaise humeur. Le pauvre… Une fois de plus il m’étonne en décryptant immédiatement la situation : « Maman Arrête ! Tu stresses trop et nous faisons trop de choses, il faut se relaxer ! »
Malheureusement plus facile à dire qu’à faire pour moi. Je sais qu’il a raison, en même temps une partie de moi veut tout voir de l’Australie. Je suis déprimée. Après avoir une dernière fois engueulé le pauvre Maxou (ben oui il a mis 2 secondes 30 à ranger le beurre) nous allons au cinéma en plein air voir Paddington. Max m’a convaincu de venir avec lui (au lieu de préparer un dîner équilibré tout en tapant de l’autre main mon blog). Et il a raison, ça me fait déconnecter.
En espérant que demain sera un autre jour.
Dimanche 27 septembre
Jour de repos… Finalement je lâche prise. Aujourd’hui RIEN de prévu. Nous restons au camping à glander. En fin d’après midi nous allons à la plage. Elle est quasi déserte. Max s’amuse à sauter en l’air et à écrire dans le sable. Moi aussi !
Quand le soleil commence à se coucher nous rentrons. Le chemin passe par une petite forêt et d’un coup au détour d’un chemin, un kangourou saute juste devant nous. Il est très grand, il doit faire à peu près ma taille (oui, selon moi, c’est grand !). Nous sommes figés de surprise. D’autant que juste derrière lui un autre apparaît. Deux bonds et ils ont disparus ! Nous n’en revenons pas, nous sommes sous le charme.
Mais le quotidien reprend ses droits et c’est école pour Max et cuisine pour moi.
Encore une journée de route… Nous en avons pas mal comme celles là car entre Cairns et Brisbane il y a près de 1800km et beaucoup de kilomètres entre les différents « point d’intérêt ».
Nous voulons rejoindre Airlie Beach le plus tôt possible car il y a un petit water park.
280 km de route, toujours très monotone, champs de cane à sucre après champs de cane à sucre (et kangourou mort après kangourou mort).
Nous arrivons à Airlie Beach vers 15h30, Max est heureux, il est juste à temps pour la dernière séance de jeux aquatiques qui démarre à 16h.
Pendant que Max saute, se balance et plonge, moi je cherche un bateau pour nous emmener demain aux Whitsundays. Et ce n’est pas facile ! Nous sommes en pleines vacances de printemps et tout est plein, d’autant que je m’y prends vraiment à la dernière minute! Au bout de 10 appels, j’arrive finalement à réserver 2 places sur un bateau. Ouf !
Max est crevé et heureux après son heure de jeu, mais dès que nous arrivons au camping il se rend compte qu’il y a aussi une plaine de jeux aquatiques et c’est reparti pour une petite heure de jeux. Il est d’autant plus heureux qu’il se fait quelques amis.
Jeudi 24 septembre
Max a du mal à se lever. Il faut dire que nous devons prendre le bus à 7h… J’ai beau lui dire que ce que l’on va voir est magnifique, rien n’y fait. Finalement, à force d’encouragements et de menaces nous arrivons juste à temps pour le bus : il arrive en même temps que nous !
Notre bateau est un grand catamaran, nous sommes une soixantaine à bord. L’archipel des Witsundays est un chapelet de 74 îles qui semblent flotter sur le lagon. L’eau est bleue turquoise, mais la température de l’air n’est pas vraiment en accord. Il fait froid ! Il y a un vent assez fort qui accentue encore ce sentiment. Malgré ma polaire je grelotte.
Après une bonne heure de navigation entre les îles, nous arrivons à l’île de Whitsunday… Nous montons dans un bateau pneumatique car notre grand bateau ne peut pas accoster. Puis après avoir accosté nous suivons un chemin jusqu’à un point de vue et la Max a un choc… Ouhaouuuuuu. En face de nous la plage de Whitehaven, considérée comme la plus belle du monde.
Une étendue de 7km de sable le plus blanc et fin car il est compose de 98% de pure silice. Avantage supplémentaire : il n’est pas chaud et reste frais sous les pieds.
Max courre jusqu’à la mer et se jette à l’eau. Moi je m’abstiens, elle est bien trop fraîche.
Il est trop rapidement temps de retourner à bord où un lunch nous attend. Après le déjeuner nous avons le choix entre faire du snorkling ou découvrir le corail à bord d’un « glass boat ». J’hésite… mais il fait vraiment trop froid (je n’ai pas encore quitté ma polaire) et en plus je sais que les coraux sont très abîmés. Nous choisissons donc le glass boat et pour une fois je suis plutôt contente. Le corail est vraiment très abîmé et surtout il y a très peu de poissons.
Dernier arrêt est Dream Island, une des 3 ou 4 îles habitées de l’archipel. En fait elle consiste en un grand resort. Rien d’exceptionnel mais je suis très contente de me relaxer une petite heure au soleil.
Après cette journée en mer nous sommes crevés et contents de rentrer dans notre petite maison roulante.
Journée importante aujourd’hui, j’ai loué un camping car que nous allons garder pendant 31 jours. J’appréhende un peu la conduite à gauche…
Mais la première aventure c’est la location elle-même. Quand nous arrivons à 10h30, il y a plus de 15 personnes devant nous et que 2 personnes remettre les véhicules. A 11H30, c’est enfin à notre tour et après avoir rempli et signé moult papiers c’est l’heure de payer. Aïe, vu que je n’ai plus ma carte de crédit « principale », j’ai bien transféré de l’argent sur les autres mais j’ai oublié de relever les plafonds de payement… Grave erreur, la carte de crédit qui a la plus grande partie de mon argent est refusée. Sueurs froides, je me vois déjà repartir sans le van. Heureusement je peux diviser le payement et payer avec plusieurs cartes. Ouf, comme quoi il faut vraiment 3-4 cartes quand on part si longtemps.
Le van est superbe, tout neuf : moins de 2500km au compteur, il n’est pas très grand, je pourrais sans problème le conduire en ville. Même si, pour l’instant, je me sentirais plus à l’aise de le conduire sur le parking (immense) d’un supermarché (un jour de fermeture)!
Et me voici, enfin, au volant de la bête. Max me regarde avec un peu d’appréhension. Au premier stop j’appuie un peu trop fort sur le frein et nous entendons toute la vaisselle s’entrechoquer. Max éclate de rire ! Nous passons récupérer les valises à l’hôtel et nous partons à l’aventure.
Vraiment l’aventure car hier encore je n’avais aucune idée où aller, enfin juste que le 20 octobre nous devrons être à Sydney. Heureusement la gérante de notre hôtel m’a conseillé un camping qu’elle aime beaucoup et qui se situe à 60 km de Cairns. Je l’ai réservé immédiatement car c’est les vacances scolaires et je ne veux pas prendre le risque de dormir dans la nature dès le premier soir.
Le camping « Granite gorge nature park » est près de Mareeba une petite ville des hauts plateaux du « Atherton Tableland ». La route qui y mène est une vraie route de montagne qui serpente sans fin. Le petit van tient très bien la route et a une bonne reprise.
Il nous faut une bonne heure et demi pour rejoindre le camping. Le lieu est magique, il y a de petits wallabies de roche un peu partout. Ils n’ont pas peur de nous et se laissent nourrir avec les graines que les enfants leur donne.
Max est aux anges. Le point de vue est très beau et la balade dans les rochers très agréable.
Nous passons des moments de rêve.
Maman avec son petit dans la poche !
EN fin d’après-midi, CNED pour Max et rangement des affaires pour moi. Je stocke les valises pour le mois à venir : nous n’en aurons pas besoin.
Puis préparation d’un dîner simple, pates jambon fromage que je prépare à la cuisine ouverte du camping.
Fin des devoirs dans le van, puis écritures de nos carnets de voyage. Transformation du coin salon/salle à manger en lit et c’est l’heure d’aller se coucher. Dehors les wallabies sautent tout autour du van.
Nous sommes heureux !
Lundi 21 septembre
Après une très bonne nuit, Max se réveille avec un énorme sourire sur les lèvres. Il est très content d’être ici et est impatient de retrouver ses copains sauteurs, mais avant : petit déjeuner et école.
Malheureusement nous ne pouvons pas rester plus longtemps, la route nous appelle et le premier stop est au supermarché. Nous n’avons plus rien à manger ! Aïe, grand supermarché mais produits très différents de ceux dont j’ai l’habitude ; il va falloir s’adapter et innover. Heureusement je trouve des pâtes et du fromage : nous survivrons !
Premier arrêt pour acheter des cacahuètes : le panneau me fait trop rire. En plus elles sont délicieuses ! Puis encore un arrêt pour voir un figuier vieux de 500 ans.
Le van plein, nous repartons vers l’ouest, petit crocher pour voir les ornithorynques dans leur milieu naturel, La petite ville de Yungaburra est très calme à l’heure de midi. Heureusement nous rencontrons un vieux monsieur qui nous indique où se trouve la rivière. Un couple est en arrêt devant quelque chose… Au début je ne vois rien. Pus d’un coup je vois un ornithorynque en train de nager et rapidement de disparaître. Ouhaa, il est assez petit (enfin j’ai pas vraiment de comparatif). Puis deux minutes plus tard nous en voyons un deuxième (ou peut être le même ?).
Nous continuons la balade, mais plus aucune chance d’en voir un seul, Max c’est mis en tête de faire la peau à un dindon sauvage et fait un bruit de tonnerre. En fin de balade il aperçoit une tortue d’eau douce.
Nous repartons vers deux lacs de cratère, les lacs Barrine et Eacham. Ils sont séparés l’un de l’autre par 3 ou 4 km. Je suis un peu déçu, beaux mais rien de spécial. En fait à force de voir des choses plus belles les unes que les autres avec Maxou nous sommes un peu blasés… Et les distances étant très importantes, je regrette un peu ce détour.
Car pour rejoindre le prochain camping nous avons encore plus de 100km de route et il est déjà 16h passé. En Australie il n’est pas du tout recommandé de conduire après la tombée de la nuit car la rencontre avec un kangourou et fréquente et parfois fatale (enfin surtout pour le kangourou)…
Nous descendons des hauts plateaux en direction de la côte. Nous traversons des paysages forestiers humides.
Nous arrivons à Paronella Park vers 18h. En fait ici le camping est accessoire ou plutôt est offert avec le billet d’entrée. Car ce parc contient les restes d’un château construit dans les années 30 par José Paronella. L’histoire de cet homme est celle de quelqu’un qui a réalisé son rêve. Il est né dans une famille assez pauvre en Espagne. Durant sa jeunesse il a plusieurs métiers et se fiance à 26 ans avec une jeune femme prénommée Matilda. En même temps il entend dire qu’en Australie il est possible de faire fortune. Il s’embarque alors pour cet Eldorado où il restera plus de 11 ans. Quand il revient en Espagne, il est un homme riche… sauf que sa fiancée c’est entre temps mariée avec un autre ! Il est très en colère et sa «belle famille » lui propose leur fille cadette, Margarita, qui a 14 ans de moins de Matilda. Il l’épouse et repart avec elle en Australie. Ils achètent un terrain et construisent le château dont rêve José. En 1935 il est terminé.
Le château n’est pas très grand, enfin ce qu’il en reste car depuis sa construction il a été plusieurs fois inondé et malheureusement brûlé en 1979. Depuis sa construction l’électricité est fournie par une petite centrale hydro-électrique, elle aussi construite par José. Elle fonctionne toujours grâce à une cascade d’eau qui se trouve dans le parc. Le parc lui même est superbe. José y a planté plus de 7000 arbres. Il a aussi crée une aire de pique nique et un petit bâtiment pour se changer.
José est mort d’un cancer en 1948, sa femme d’une crise cardiaque en 1967. C’est son fils Joe qui a repris le domaine, malheureusement il est mort, lui aussi d’une crise cardiaque, en 1971. Finalement sa femme a vendu le domaine en 1977 mais malheureusement un feu brûla le château en en 1979. Ce n’est qu’en 1993 que les nouveaux propriétaires tombèrent amoureux du lieu et décidèrent de lui redonner son lustre d’antan.
Mais comment suis-je au courant de toute cette histoire? C’est que nous avons à peine eu le temps de nous installer qu’il était déjà l’heure de partir à la visite de nuit du domaine où notre guide nous raconta de façon très vivante cette histoire.
Nous nous baladons dans le parc où je vois en plus des ruines, des dizaines d’araignées plus grosses les unes que les autres… Max reste bien accroché à moi ! A la fin de la balade, le propriétaire des lieux vient nous remercier et nous offre un morceau du château sous la forme d’une petite pierre : un mur c’est effondré à la suite d’un cyclone en 2006. Son message : vivez vos rêves !
Mardi 22 septembre
Le lendemain, après les devoirs nous avons le droit à la visite de jour du parc. En fait, le nouveau guide nous raconte à peu près la même histoire.
A la fin de la visite nous allons voir les tortues qui pullulent dans la rivière.
Mais il ne faut pas tarder, nous avons 250 kilomètres à parcourir avant d’arriver à Townsville.
La route est monotone, il y a des champs de cane à sucre à perte de vue. Nous passons une grande partie du temps à compter les cadavres de kangourous sur le bas coté de la route : presque 200 !!
Petit arrêt en bord de mer pour déjeuner et ensuite pause repos près d’un superbe point de vue.
J’arrive crevée à Townsville, il paraît que la ville est sympa mais je n’ai la force que de préparer un plat de pates carbonara !