Antarctique: derniers jours en mer et retour à Ushuaia

Dimanche 13 décembre

Deux jours de mer et le passage de Drake nous séparent d’Ushuaia. Le passage de Drake est un large bras de mer qui sépare l’extrémité sud de l’Amérique du Sud et l’Antarctique, entre le cap Horn en Terre de Feu et les îles Shetland du Sud en Antarctique. Il relie l’océan Austral, le sud-est de l’océan Pacifique et le sud-ouest de l’océan Atlantique (mer de la Scotia). C’est une des zones maritimes qui connaît les pires conditions météorologiques à cause des courants froids qui remontent du Pôle vers le nord et qui rencontrent à cet endroit les masses d’eau équatoriales plus chaudes. C’est un passage très redouté des marins et des passagers… Et bien pas de nous, nous avons une mer d’huile !

Le matin Rodrigo nous donne une conférence passionnante sur les baleines et en fin d’après midi toute l’équipe de naturaliste nous donne le récapitulatif de tout ce que nous avons vu en Antartique. Et c’est là que se passe quelque chose d’extraordinaire…

Sur ce type de navire, il est de coutume que le commandant donne deux repas de gala, un pour le début de la croisière et le deuxième pour nous dire « au revoir ». Max depuis le début rêve d’être invité à sa table et j’ai beau lui dire que c’est plutôt des gens riches/connus/ où ayant déjà fait des dizaines de croisière avec le Ponent qui sont invités, il continue d’espérer voir le carton d’invitation dans notre boîte aux lettres… et encore aujourd’hui rien ! Nous avons d’ailleurs déjà réservé une table avec nos amis : Elodie et François, Isabelle et Jean François, Aude et Pierre. Alors lorsque Jessica, la chargée de relation, s’approche de François pour lui demander s’il veut dîner à la table du commandant ce soir, celui-ci, très surpris, lui répond que lui et Elodie sont déjà pris… Jessica lui dit alors que nous sommes en fait tous invités !!! C’est un vrai choc pour nous tous et pour moi un problème car c’est « tenue de gala » et cela ne fait pas partie de mon « équipement » à bord ! La seule robe que j’ai est complètement fripée et le cocktail débute dans une heure… Max, lui, n’est pas courant et nous décidons de ne rien lui dire pour lui faire la surprise.

Je cours donner ma robe à repasser, je me jette sous la douche, puis séance maquillage et vernissage des ongles des mains et des pieds (les seules chaussures qui vont avec ma robe d’été sont mes sandales… d’été !). Puis je pars récupérer Max à la Wii pour qu’il passe sous la douche en inventant je ne sais plus quoi. Ma robe est livrée quelques minutes avant le début du cocktail et finalement nous sommes prêts à l’heure : ouf (Max qui n’a pas de tenue de gala a mis le polo du Ponent que je lui ai offert pour St Nicolas).

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Lorsque c’est finalement notre tour de serrer la main du commandant, celui-ci dit à Max : « on se voit à ma table ce soir ! ». Max reste devant lui sans voix. J’explique au commandant qui est un peu interloqué que Max n’est pas au courant. Et Max qui est enfin revenu de sa surprise nous montre son plus beau sourire : il est HEUREUX.

Pendant le cocktail, tout l’équipage va sur scène afin que l’on puisse les applaudir, le commandant fait un petit discours pour tous les remercier. Le commandant les regarde, puis dit « Attendez, il manque un matelos, le plus jeune, le petit moussaillon ». Et alors il appelle Max sur scène. Max se lève comme sur un nuage, il rejoint le commandant qui au nom de tout l’équipage lui offre une gravure de l’Australe. Je suis émue au delà des mots.

Et le cela continue avec le repas. Je n’en reviens pas, la table de mes rêves : tous mes amis et le commandant Olivier Marien. La conversation est fluide et lorsqu’il est temps de trinquer avec le commandant Max lui lance « Santé, mais pas des pieds ! »… arghhhh (merci Pierre le clown !!). Nous avons aussi le droit à la farandole des serveurs qui tous en même temps soulèvent les cloches. Le dessert aussi est personnalisé.

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Ce n’est pas aujourd’hui que je vais redescendre de mon petit nuage !!

La soirée se termine par un « tombé moquette »…

14 décembre

Dernier jour en mer… Le commandant nous réveille à 7h, nous sommes en vu du Cap Horn ! Tout le monde sur le pont !!

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C’est étrange d’approcher cet endroit mythique sur une mer d’huile.

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J’ai une boule au ventre à l’idée de quitter bientôt mes amis et cet équipage si agréable. Mais pas le temps de m’apitoyer sur mon sort : à 9h conférence sur l’expédition Scott, puis nous devons rendre nos gilets de sauvetage et nos bottes. Juste le temps de faire les valises et c’est au tour de Daphnée de nous présenter son hivernage sur la base française en Antarctique de Dumont D’Urville.

En début de soirée est organisé le tirage de la tombola et c’est à Max que revient l’honneur de tirer le ticket gagnant… qui n’est malheureusement pas le sien ! Il est très déçu mais la bruxelloise qui a gagné est elle très heureuse.

Le soir avec Max nous dinons avec nos amis, je suis tellement nouée que je n’arrive pas à manger.

L’Austral Arrive à Ushuaia vers 21h et après le dîner nous partons boire un verre en ville. Le Dublin est le seul bar ouvert et c’est celui où l’on retrouve une grande partie de l’équipage. C’est un vrai sauna et nous n’y restons pas. J’en profite pour repérer où se trouve mon « futur » appartement. Pas très loin du port mais en haut d’une pente : je prendrai donc demain un taxi.

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Vers 23h30 nous retournons au bateau juste à temps pour prendre un dernier verre et danser quelques minutes : à minuit le bar et la piste de danse ferment…

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15 décembre

Réveil à 6h, j’ai rendez-vous pour un dernier petit déjeuner avec Aude et Pierre. Nous sommes très tristes de nous quitter. Puis c’est au tour d’Isabelle et de Jean François de s’en aller. Les derniers à nous dire au revoir sont Elodie et François.

Avec Max nous nous retrouvons seuls à bord. Nous laissons nos valises sur le bateau et partons faire un tour en ville. Il est 9h et tout est fermé. Nous sommes comme deux âmes en peine. Nous retournons sur le bateau où nous avons la surprise de retrouver Samantha et Pierre-Emmanuel qui ont un avion dans l’après-midi : de les voir nous remonte un temps le moral.

A midi nous quittons définitivement le bateau, le cœur très lourd. Un taxi nous dépose à notre appartement qui est loin d’être aussi cosy que notre beau navire.

L’après midi passe lentement, ni moi ni Max n’avons le moral, chacun verse beaucoup de larmes : nos amis nous manquent déjà horriblement et nos amis et famille de France et de Belgique aussi.

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Tout me paraît terne, que faire après un si fantastique voyage ? J’ai juste une réservation pour 4 jours ici et je n’ai aucune idée où aller après. Heureusement nous devons retrouver Mymy et Luca à El Calafate le 24 décembre mais d’ici la et surtout après où aller ? Que faire ? Je me rends comte que ce qui nous manque le plus c’est les contacts humains mais justement c’est une chose qui ne se réserve pas sur booking.com.

Nous allons nous promener en ville mais au loin l’Austral qui est encore là nous nargue. Nous rencontrons aussi quelques membres de l’équipage. C’est trop dur, nous rentrons et je passe la fin de la journée à téléphoner à ma famille et à mes amis (pour me faire réconforter…).

Antarctique: île de la Déception et Shetlands du Sud

Samedi 12 décembre

Ce matin c’est le commandant qui nous réveille : nous entrerons dans la caldeira de l’île de la Déception vers 7h30 et il nous conseille d’être sur les ponts car l’entrée est assez impressionnante.

L’île de la Déception abrite un volcan actif ; sa forme en fer à cheval est due à l’envahissement d’une caldeira par la mer. L’île se trouve au nord de la péninsule Antarctique et à la pointe sud-ouest de l’archipel des Shetlands.

(photos de Lauraine)

Le débarquement était prévu à Telefon Bay mais malheureusement il y a trop de glace, à la place nous débarquons dans une ancienne station scientifique argentine. Il y a encore beaucoup de vent et le ciel est très nuageux rendant encore plus dramatique le paysage.

(photos de Lauraine)

José nous propose se choisir entre deux randonnées, une courte pour admirer la vue et une plus longue est très sportive. Suivant les conseils de Pierre nous choisissons la plus difficile… Et elle l’est vraiment ! Nous devons traverser des névés de neige et nous avons de la neige au dessus du genou, des endroits où la cendre et la neige créent sur la pente une boue particulièrement glissante et pour couronner le tout nous avons le droit à des rafales de vents de plus de 100km/h qui nous plaquent littéralement au sol. Les conditions sont assez extrêmes et nous donnent un (petit) aperçu de se qu’ont dû vivre les premiers explorateurs.

La balade dure plus de 2 heures et nous sommes content de rentrer sur notre beau bateau où un délicieux déjeuner nous attend. Nous sommes tous gelés et assez fatigués. Max a vraiment été très courageux et résistant, je suis très fière de lui.

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Pierre, en début d’après midi, nous donne une conférence sur l’expédition Antarctic ou expédition antarctique suédoise qui fut l’unique expédition suédoise en Antarctique du début du XXe siècle. Elle fut menée entre 1901 et 1904, lors de l’âge héroïque de l’exploration en Antarctique, par le suédois Otto Nordenskjöld, chef d’expédition, et le norvégien Carl Anton Larsen, commandant du navire Antarctic, à destination de la péninsule Antarctique. Comme l’expédition Endurance de Shackleton, elle est marquée par le naufrage du navire et les efforts de survie de ses membres. Bon c’est ce que je viens de reprendre de Wikipédia car de cette conférence je n’ai vu que la première et la dernière diapo… J’espérais avoir été discrète mais Pierre se moque bien de moi car j’étais assise au premier rang juste devant lui (j’espère ne pas avoir ronflé trop fort) !

En fin d’après midi nous arrivons à Robert Island qui est une île des Shetland du Sud. Nous sommes le 2ème groupe à pouvoir descendre à terre. Les conditions sont mauvaises, il y a beaucoup de vent, des icebergs partout et la mer est très houleuse. J’ai vraiment peur que la sortie ne soit annulée, c’est notre dernière opportunité de descendre à terre avant notre retour à Ushuaia. Les passagers du premier groupe qui reviennent sont trempés et assez secoués. Plusieurs passagers de notre groupe renoncent à venir… Pas moi. L’aller en zodiaque se passe d’ailleurs très bien et ce n’est qu’en arrivant sur la plage qu’une grande vague me mouille de la tête au pied. Heureusement mon équipement est imperméable et mon appareil photo dans une poche intérieure.

L’île est recouverte de neige et c’est la première fois que nous pouvons voir de près des manchots sur la neige. Le spectacle est magnifique et encore plus beau quand nous arrivons à la manchotière de manchots à jugulaire. C’est mes préférés, je les trouve beaux et amusants.

Il y a aussi beaucoup de manchots papous et d’énormes éléphants de mer en train de muer. Le temps passe trop vite à mon goût, je ne veux pas rentrer sur le bateau. Et quand Max (qui a passé son temps à lancer des boules de neige sur Rodrigo – le naturaliste mexicain) vient me dire qu’il y a urgence pipi je résous le problème en lui présentant une bouteille d’eau vide (il se débrouille d’ailleurs comme un chef !).

Mais d’un coup les naturalistes nous demandent de reprendre d’urgence les zodiaques, l’état de la mer c’est détérioré et il y a de grandes vagues. Pierre qui s’occupe d’aider les passagers à monter à bord des zodiaques est d’ailleurs trempé jusqu’aux os.

Nous sommes 12 dans notre zodiaque, il y a entre autre Elodie et François, John un naturaliste, un couple de jeune mariés (Pierre-Emmanuel et Samantha) et c’est Alex un autre naturaliste qui conduit le zodiaque. A peine partis, trois vagues nous trempent et remplissent le fond du bateau. Et ce n’est que le début, les vagues sont de plus en plus hautes et déferlent sur nous. Ce qui est impressionnant c’est de voir la hauteur de la prochaine vague quand nous sommes dans le creux et ensuite de rebondir sur le bord du zodiaque lorsque nous redescendons de la crête. Au début je trouve ça assez marrant mais vite je me rends compte que la situation est potentiellement périlleuse. Elodie qui avait déjà froid avant d’aller dans le zodiaque est frigorifiée et commence à paniquer. François, son mari, la rassure du mieux qu’il peut. Nous sommes cinq zodiaques en mer, assez éloignés les uns des autres afin éviter de nous percuter dans cette mer déchaînée. Un premier zodiaque essaie d’approcher le navire mais les vagues sont trop fortes et il doit renoncer. Le navire doit se repositionner et ce n’est pas facile car il est cerné d’iceberg (le commandant nous dira plus tard qu’en plus certains fonds n’étant pas cartographiés sa marche de manœuvre était très limitée).

Sur le zodiaque nous commençons tous à avoir très froid, l’eau qui nous arrose est gelée et le temps long. Cela fait plus d’une demi heure que nous sommes en mer. Je demande à Max s’il a peur, il me répond que non… Heureusement car je ne peux pas l’aider, mes deux mains tiennent la corde qui m’évite d’être projetée hors du bateau…

Finalement notre zodiaque peut approcher le bateau et nous débarquons. Je ne sens plus mes doigts. Nous sommes tous trempés jusqu’aux os et même mon appareil photo qui était pourtant dans la poche intérieure de ma veste est mouillé.

Après une bonne douche bouillante nous nous retrouvons avec Elodie et François pour dîner. Maintenant que nous sommes en sécurité cette aventure paraît plus « excitante ». Après les vents catabatiques du matin, ce retour dans une mer très houleuse nous a donné un aperçu de l’Antarctique dans sa splendeur dramatique.

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Elodie demande à Max pourquoi il regardait toujours le fond du bateau : « pour ne pas recevoir l’eau glacée sur le visage et ne pas voir la hauteur des vagues… ». C’est un petit gars très courageux, que ce soit ce matin ou cet après midi, il ne s’est pas plaint une seule fois.

Antarctique: la péninsule

Vendredi 11 décembre

Le ciel ce matin est couvert, la mer houleuse, au loin j’aperçois la péninsule Antarctique. Le vent est de plus en plus fort avec des pointes à 70 nœuds (environ 130 km/h). Je me suis levée du mauvais pied et c’est Max qui en fait les frais. Je suis sur son dos pour un oui ou un non…

La mer est pleine d’icebergs et de growlers (morceau de glace détachée des icebergs), le spectacle est à la fois magnifique et un peu effrayant. Malheureusement la puissance du vent me fait penser que nous n’allons pas pouvoir débarquer et après 3 jours de mer je deviens claustrophobe (d’où ma mauvaise humeur). Et ne pas pouvoir poser le pied en Antarctique en étant aussi près du but est frustrant…

Pourtant le spectacle est tellement impressionnant qu’au fur à mesure de la journée et malgré la confirmation de l’annulation du débarquement je retrouve ma bonne humeur. C’est aussi une chance de pouvoir voir l’Antarctique dans toute sa puissance, nous avons même la chance de « voir » des vents catabatiques qui sont extrêmement puissants (ils peuvent atteindre plus de 300km/h) mais ne durent pas très longtemps.

Pour nous protéger un des vents, le navire entre dans le détroit de Gerlache où nous voyons au loin quelques bateaux norvégiens qui pêchent le krill qui servira à nourrir les saumons d’élevage.

(Photos de Lorraine)

Dans l’après midi nous observons quelques queues de baleine à bosse. Rodrigo nous explique qu’il les reconnaît grâce à la forme et couleur de leur queue et si les baleines ne la montrent pas il peut reconnaître l’espèce grâce à la forme de son souffle.

(Photos de Lorraine)

En fin d’après midi nous entrons dans la baie de Wilhemina où il y souvent des baleines et des orques. Mais par si mauvais temps, ces animaux préfèrent rester tranquillement dans les profondeurs! J’aperçois juste quelques souffles.

Ce soir nous dînons avec Aude et Pierre : parties de Uno endiablées ! Nous terminons la soirée à la passerelle où le second laisse Max gouverner… entre les icebergs ! Max a même le droit de s’asseoir sur le fauteuil du commandant et d’utiliser la radio. J’apprendrai plus tard que le gouvernail n’était pas connecté (mais ne le dîtes pas à Max!).

Max est la mascotte du bateau, tout le monde le connaît et l’équipage est adorable avec lui. Les barmen ont même créé un cocktail spécialement pour lui, le Max Juice : jus de cranberries, jus de fruit de la passion et un peu de grenadine. C’est délicieux !!

Antarctique: Géorgie du Sud (3) puis 2 jours en mer

Mardi 8 décembre

Lorsque je tire les rideaux de ma cabine, je suis accueillie par un ciel bleu et un soleil radieux. Un temps pareil est rare en Géorgie du Sud !

Ce matin nous sommes au sud de l’île et José nous propose une « zodiac cruise », c’est à dire une sortie en bateau pneumatique pour aller à la rencontre des manchots macaronis. Ce sont des manchots avec des plumes jaunes sur le sommet de la tête qui rappelle un peu la coiffure de certains italiens…

(Photos 1-2-4: Lorraine)

Nous avons la chance d’en voir de nombreux mais également des manchots jugulaires avec la ligne noire le long de leur joue blanche et des manchots papous. Nous nous approchons au plus près d’iceberg en train de fondre qui je trouve ont la forme de pieds de géant. La balade dure une heure mais me paraît beaucoup trop courte.

(Photos 5, 8, 12: Lorraine)

Il est trop vite l’heure de remonter à bord et de partir pour 2 jours et demi de bateau jusqu’en Antarctique.

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Dernière image de « ma » Géorgie du Sud bien aimée…

Après 2 jours sans école à cause de nos journées très chargées en Géorgie, Max a du mal à se concentrer sur ses devoirs. Et avec la fatigue accumulée ma patience est juste inexistante… Dur retour à la « réalité ».

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Mercredi 9 décembre

Ce matin je fais un tour à la salle de sport avec Isa et Elodie… au sens premier du terme car après quelques minutes de sport j’utilise l’écran du vélo pour jouer au puissance 4. La vue est très belle, il y a des otaries qui plongent tout autour du bateau et de temps en temps nous croisons un iceberg.

Petit tour au Hammam avec Elodie et il est déjà l’heure d’aller déjeuner… Tout autour du bateau il commence à y avoir de plus en plus d’icebergs, de temps en temps nous avons la chance d’apercevoir quelques souffles de baleine.

(Photos 4, 6: Lorraine)

L’après midi se passe tranquillement, Max fait ses devoirs et part se promener dans le bateau et moi je mets à jour mon journal et je trie mes centaines de photos.

(Photos: Lorraine)

Le soir, c’est le dîner des officiers, c’est un dîner de gala avec un menu qui me met l’eau à la bouche. Je propose à Aude et Pierre de se joindre à nous. Entre les plats, et il y en a beaucoup, nous faisons des parties de Uno endiablées.

Jeudi 10 décembre

Journée tranquille en mer, en fin d’après midi un groupe de 6-7 rorquals communs (baleines de près de 23 mètres de long) s’approchent du bateau et nous accompagnent pendant une petite heure. J’ai la chance de les voir de très près depuis mon balcon.

(Photos de Lorraine)

Antarctique: Géorgie du Sud (2)

Lundi 7 décembre

A mon réveil le paysage est magnifique, en particulier le ciel avec des nuages lenticulaires que l’on ne trouve qu’en haute montagne.

Nous débarquons ce matin à Grytviken qui est un ancien village baleinier et qui abrite aujourd’hui une base scientifique anglaise. Comme la veille nous sommes accueillis par des otaries mais également des éléphants de mer (famille du phoque). Les otaries que l’on reconnait grâce à leur petites oreilles sont, comme la veille, assez agressives, par contre les bébés phoques, immenses, nous regardent avec leurs grands yeux humides.

(Photos 4,6,7,9,10, 12 : Lorraine)

Le lieu de débarquement se trouve juste en face du cimetière où est enterré Shackleton. Je me recueille quelques minutes sur sa tombe puis je me balade entre les autres pierres tombales. C’est principalement des tombes de pêcheurs de phoques et de baleines, je ne trouve aucune tombe de femme.

La station baleinière est en ruine, les animaux y sont redevenus rois alors qu’il y a un peu moins d’un siècle, à cause de la chasse intensive, ils avaient pratiquement disparus.

(Photos 1 et 2 de Lorraine)

A l’autre bout de la station se trouve aujourd’hui un musée et à côté une poste d’où j’envoie quelques cartes postales. Le bateau postal est parti hier, le prochain est dans 5 semaines et emmènera les cartes aux îles Faulkland d’où elles rejoindront l’Europe en avion.

A 11h, nous avons rendez-vous à l’église avec le groupe pour faire une balade de 2h afin de voir un point de vue sur la station. L’église est très bien préservée, tout est écrit en norvégien car la majorité des baleiniers venaient de Norvège. Dans la petite bibliothèque attenante, la majorité des livres sont d’ailleurs dans cette langue.

Max a la chance de pouvoir sonner les cloches afin d’avertir les passagers que la balade va bientôt commencer. Maxou est crevée et moi aussi, je décide de ne pas faire la petite randonnée et à la place rester à admirer la vie sauvage. J’ai même la chance de voir une otarie allaiter son bébé.

Quand l’heure arrive de rembarquer je n’ai pas envie de quitter cet endroit. J’aimerais y passer quelques mois… Je suis aussi fascinée par la faune que par le climat extrême.

Après le déjeuner je commence à entendre des rumeurs comme quoi notre sortie dans la plus grande manchotière de Géorgie pourrait être annulée à cause de la mer houleuse. Je suis atterrée, c’est la sortie que j’attends avec le plus d’impatience et ma dernière chance de voir des crèches de bébés manchots royaux !

Je vais à la passerelle afin d’avoir les dernières nouvelles. J’y retrouve le commandant ainsi que le chef d’expédition. Le ciel est juste incroyable, il y a des nuages que je n’ai encore jamais vu de ma vie, et d’ailleurs Jean François qui est pilote d’avion depuis 25 ans n’en a lui non plus jamais vu.

D’un coup Max débarque en courant à la passerelle, le commandant lui dit quelques mots mais Max n’y prête aucune attention. Il va directement vers moi, me prends la main et me dit de venir d’urgence… Dès que nous sommes sortis, il me dit que nous devons être prêt dans 5 minutes : Pierre a demandé à José le chef d’expédition si nous pourrions venir en scout, c’est à dire aller faire les repérages avec les naturalistes. C’est une chance juste extraordinaire car premièrement nous sommes surs de descendre à terre et de voir les manchots, deuxièmement nous serons les premiers à y arriver et enfin nous pourrons y passer beaucoup plus de temps que les autres car pour ces débarquement nous ne pouvons être que 100 passagers en même temps à terre et comme sur le bateau il y a 231 passagers il y a 3 rotations d’organisée de plus ou moins 1 heure chacune…

N-0812A Photo de Lorraine

Arrivés à terre, Pierre, notre ami naturaliste, nous demande de l’accompagner visiter la hutte de survie afin de voir si tout le matériel est complet. C’est une chance unique car d’habitude les passagers n’ont pas le droit (ni le temps) de l’approcher. La hutte est assez petite, composée de deux pièces dont une avec 1 lit superposée. Partout il y a des caisses avec des rations de survie et des médicaments. L’endroit est minuscule et je n’aimerais pas m’y retrouver coincée pendant une tempête.

Nous partons vers la rivière que nous devrons traverser afin de voir la manchotière. Sur le chemin nous devons faire face à plusieurs otaries très agressives, heureusement Pierre et sa haute stature leur font peur, nous passons, Max n’est pas rassuré du tout… La rivière est assez tumultueuse, les guides naturalistes hésitent à nous faire passer, certains sont mêmes carrément contre. Je serai folle de rage (!!!) si si près du but on m’empêchait de passer (je crois que j’irai à la nage!). Heureusement José se range du côté de Pierre et décide de tenter le coup. Avec Max nous sommes parmi les premiers à passer. Le courant est assez fort et l’eau m’arrive aux genoux mais ce n’est vraiment pas dangereux.

Enfin le moment tant attendu, en face de moi près de 800 000 manchots. La vue, le bruit et l’odeur sont indescriptibles. Je me pince pour être sure que je ne rêve pas. Max lui aussi est sans voix. Il voudrait pouvoir se déguiser en bébé manchot afin de pouvoir les approcher au plus près.

(Photo Lorraine)

Nous restons ainsi plus de 2 heures. Malheureusement il semble que le niveau de la rivière monte et nous devons donc partir. De l’autre côté il n’y a plus de bébé mais encore plein de manchots royaux adultes.

(Photos 5 et 7 de Lorraine)

Je vois Max qui part avec Jean-François, moi je ne peux pas quitter l’endroit. Elodie a la bonne idée de s’asseoir et un manchot, curieux s’approche d’elle et de son mari. Un peu après un groupe de 6 manchots me fait face, nous passons une dizaine de minutes à nous observer. C’est pour moi une expérience quasi mystique.

Finalement il faut repartir avec un des derniers zodiaques à quitter la plage. Max est déjà retourné à bord et j’ai pu passer plus de 5 heures à terre. Je suis éternellement reconnaissante à Pierre et à José mais aussi à Max car étant le seul enfant à bord il est traité en VIP et sans lui jamais je n’aurais pu rester aussi longtemps à terre. Il est 21h quand nous retournons à bord.

(L’équipe des naturalistes)

Une journée à marquer d’une pierre blanche !

Antactique: Géorgie du sud (1)

Dimanche 6 décembre

Et finalement nous arrivons en Géorgie du sud ! Pour moi c’est un rêve qui se réalise car sur cette île il y a une des plus importante (en nombre) colonie de manchots royaux.

Aujourd’hui c’est la St Nicolas et Max reçoit de ma part un polo du Ponent et de Pierre une petite cigogne alsacienne en peluche. Il a maintenant le même tee-shirt que les naturalistes!

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Notre première escale au nord de l’île est annulée car il y a trop de vent. A la place José, notre chef d’expédition, nous propose de faire soit les 6 derniers kilomètres de la marche de Shackleton (lui a parcouru 30 km à travers cette île très montagneuse avec des sommets à plus de 2000m) soit d’aller voir une manchotière, c’est à dire un endroit où il y a des bébés manchots royaux… Choix cornélien… D’un côté je suis fascinée par l’histoire de Shackleton et j’aimerais aller (un peu) sur ses pas, d’un autre côté je rêve de voir un manchotière. Bon, Pierre mon ami naturaliste me conseille la marche, normalement nous devrions voir une manchotière encore plus importante demain. Le temps est magnifique et après deux jours de mer et de délicieux repas sur le navire j’ai besoin de me dépenser. Le chef d’expédition nous explique que la marche est difficile, qu’elle dure 4 heures avec 300m de dénivelés sur des pentes raides et enneigée, beaucoup de marécages et pour finir qu’elle est fortement déconseillée par le gouvernement de la Géorgie du Sud. C’est donc décidé, nous allons la faire. Sur les 231 passagers du bateau seulement 60 se joignent à nous. Il faut dire que la moyenne d’âge est autour de 75 ans et certains passagers ont beaucoup de mal à se déplacer.

(Photos 1-6-9 : Lorraine)

La marche est en tout point parfaite, nous amarrons sur une plage peuplée d’otaries avec leurs bébés que nous passons rapidement car les mâles bourrés de testostérones sont très agressifs. Puis nous commençons la montée avec des paysages à couper le souffle. L’air est frais et pure, je suis heureuse. Max lui aussi est content et fière de faire cette marche, il doit être un des plus jeunes enfants (si pas le plus jeune) à l’avoir faite ! Nous traversons des champs de neige, Max est aux anges et bien sur, lance des boules de neiges sur nos compagnons qui parfois répliquent ! Arrivés au sommet nous pouvons voir la station baleinière et imaginer la joie de Shackleton et de ces deux compagnons quand, pour la première fois depuis plus de 2 ans, ils entendirent la sirène appelant les ouvriers au travail.

 

Mais le plus difficile c’est la descente, nous la faisons à la queue leu leu en suivant notre guide, il y a des passages enneigés, d’autres très glissants. L’arrivée dans la vallée glaciaire est superbe. Nous avons même la chance de voir quelques manchots papous. Sur la plage nous sommes accueillis par des otaries et leurs bébés.

Max est épuisée et moi aussi. En remontant à bord une hôtesse est là pour nous offrir un serviette chaude et les barmans nous préparent rapidement des boissons et des petits fours… Loin loin de l’épopée de Shackleton !

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Antarctique: Malouines (suite et fin) – 2 jours en mer

3 décembre 2015 (suite)

A Grave Cove le zodiaque ramène Marie-Paule Deligneres à bord. C’est un française qui avec son mari et ses enfants a navigué plus de 20 ans dans les mers du sud avant de s’installer il y a 8 ans aux îles Falkland. La courte conférence qu’elle nous donne est passionnante, elle nous parle de la vie de l’île et de leur vie sur l’île où ils ont racheté une ferme et élèvent plus de 5000 moutons pour leur laine. Ils sont à plus de 7h de ferry de la capitale Stanley (2400 habitants) et vivent quasiment en autarcie. Une rivière leur donne de l’eau, une éolienne de l’électricité (nous sommes au niveau des « 50ème hurlantes » et le vent fait rarement défaut), ils cultivent un petit potager pour les légumes, ont quelques vaches et pêchent du poisson et des crabes. Ils ont aussi internet ce qui leur permet de communiquer avec leurs amis et aujourd’hui leurs enfants qui étudient en Nouvelle Zélande.

En fait nous débarquons aujourd’hui sur la propriété de Marie-Paule qui fait 13 000 hectare (environ la surface de Paris). Comme nous étions les premiers à débarquer ce matin, nous sommes les derniers cet après midi.

Sur la plage nous sommes accueillis par deux jeunes caracaras qui doivent surveiller une manchotière de manchots papou qui n’est pas très loin.

(photos 2 et 3 – Lorraine)

Avec Maxou nous allons de l’autre côté de la presque île où la majorité de la colonie se trouve. Nous avons beaucoup de chance car certains œufs viennent d’éclore et nous voyons de jeunes poussins.

(photos 2 et 6 – Lorraine)

Plus bas, au niveau de la plage nous voyons des dizaines de manchots qui retournent de la pêche le gosier plein de nourriture pour leur jeune progéniture. C’est très amusant de les voir « atterrir » sur la plage.

(photos 1 – Lorraine)

Avec nos deux couples amis, nous restons les derniers sur la plage. Le soleil est sorti de derrière les nuages et la vue est splendide. Je me pince pour arriver à croire que je suis bien là, tout me semble complètement irréel.

J’ai même la chance de pouvoir discuter avec Marie-Paule dont les enfants ont, comme Max cette année, suivie leur scolarité par le biais du CNED. Moi une vraie citadine, j’arrive quand même à comprendre que l’on puisse tomber amoureux de cet endroit si beau et si éloigné de tout.

Finalement après 3h à terre (au lieu de 2) nous remontons sur le bateau, c’est Max qui est le dernier passager à embarquer !

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Il est déjà 18h et j’ai juste le temps de me préparer pour le cocktail et le dîner de gala du commandant. Obligation sur ce type de navire dont je me serais bien passée. Heureusement nous avons réservé une table avec mes amis et Aude une adorable jeune femme qui travaille habituellement pour la compagnie du Ponent mais qui est sur cette croisière en vacances. C’est elle qui m’avait rassurée à l’aéroport de Buenos Aires et j’ai beaucoup de plaisir à discuter avec elle depuis le début de ce voyage.

Après le dîner il y a un petit spectacle que Max apprécie bien (et moi moins) suivie d’une soirée dansante où à ma grande surprise Max se lache totalement : il n’arrête pas de danser ! Il me dit même: « danser me rend heureux ».

Nous allons finalement nous coucher vers minuit.

Vendredi 4 décembre

Nous avons maintenant un peu plus de 2 journées en mer avant de rejoindre la Géorgie du Sud. Malheureusement cela ne veut pas dire grasse matinée pour nous ! A 9h15 nous avons un récapitulatif sur les Malouines. Les naturalistes reviennent sur tous les animaux que nous avons vu la veille.

La journée se passe tranquillement, école pour Max, écriture de mon journal de bord, parties de Wii et de ping-pong. Je vois de moins en moins Max qui vit sa vie, heureux, sur le navire.

Le soir nous dînons avec Elodie et François avec qui je partage la passion des voyages. Ils n’ont pas encore la trentaine et sont déjà allés en Arctique et maintenant en Antarctique, ils ont aussi énormément voyagé en Europe et en particulier dans le nord de l’Europe. C’est un plaisir de discuter avec eux !

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Samedi 5 décembre

Deuxième journée en mer, et encore une conférence à 9h du matin, il m’est encore plus difficile de me réveiller car nous avons en plus perdu une heure ! Cette croisière ce n’est définitivement pas des vacances.

Un des naturalistes, Damien, nous parle de l’histoire de la Géorgie du Sud. Malheureusement c’est un anglophone qui ne parle pas bien français et en plus sa présentation n’est pas bien structurée et donc très difficile à suivre. Max n’en peut plus et moi j’ai les yeux qui se ferment (souvent).

En milieu de matinée nous avons la chance de pouvoir faire la visite de la passerelle avec le capitaine. Max est très intéressé et nous apercevons même une baleine.

Ensuite leçon de français pour Max.

Puis séance d’aspirateur obligatoire afin d’éviter tout risque de contamination en Géorgie du Sud. Max est très content de cette activité et c’est avec plaisir qu’il aspire poches et velcros de nos vestes, pantalons, sac à dos etc.

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Après le déjeuner, comme il fait beau Max veut aller tester la piscine mais bien entendu pas tout seul… Nous partons donc à la recherche de nos chers compagnons de bord Isabelle, Elodie, Jean François et François qui répondent « OUI » à la proposition de Max. 10 minutes plus tard nous sommes tous au 6ème pont, tous en maillot de bain sauf moi. Aïe, Isabelle me renvoie immédiatement dans ma cabine : il fait tellement bon que j’y cours me changer. En passant je demande à Lorraine, la photographe du bateau de venir nous prendre en photo.

L’air est frais mais la piscine est chauffée à 28°C, autant dire que c’est un pur plaisir, d’autant que François nous a commandé des coupes de champagne.

Mais pas le temps de nous prélasser au soleil, à 15h30 nous avons une conférence (passionnante) sur un explorateur polaire, Ernest Shackleton donnée par Cécile une des guides naturaliste. Elle nous raconte en particulier l’Expédition Endurance aussi appelée « Imperial Tran-Antarctic Expedition » (1914-1917) qui est la quatrième expédition britannique en Antarctique au XXème siècle. Elle visait à traverser ce continent de part en part mais fut un échec. Elle est devenue célèbre suite à l’odyssée qu’ont vécue les membres de l’expédition et leur chef Ernest Shackleton. Ils réussirent, malgré la perte de leur bateau, à survivre à l’extrême rigueur de l’Antarctique et à revenir de leur périple par leurs propres moyens. Les 28 naufragés de l’Endurance ont survécu pendant 22 mois à des milliers de milles de la terre habitée la plus proche avec des provisions en quantité limitée et en subissant des températures allant jusqu’à -45°C. Leur traversée désespérée mais salvatrice vers l’île de Géorgie du Sud pour rejoindre une station baleinière constitue l’un des points d’orgue de leur exploit.

Avant de partir en croisière j’ai lu le livre écrit à son retour par Shackleton (Sud) et je vous le recommande car il raconte en détail cette incroyable expédition et montre le chemin parcouru depuis, car presque jour pour jour un siècle plus tard, je suis sur un bateau de croisière de luxe (avec piscine extérieure chauffée et champagne !) en chemin pour l’Antarctique que je devrais atteindre dans quelques jours…

Et nous apercevons notre premier iceberg! Un grand iceberg tabulaire.

(photos – Lorraine)

N’empêche (je sais je suis à plaindre) que le programme est chargé, à 17h Max va suivre un cours de danse (latino) puis à 18h30 nous avons un briefing sur les sorties prévues demain en Géorgie et ensuite apéro avant d’aller dîner avec Aude et deux (maintenant) copains naturalistes, Pierre le breton alsacien (!!!) et Rodrigo le mexicain francophone. Nous passons d’ailleurs une soirée très joyeuse avec eux.

Conclusion, les journées en mer sont tout sauf ennuyeuses !

Antarctique: Les îles Malouines (Falkland Islands) – New Island

Jeudi 3 décembre

Le bateau arrive en vue des Malouines très tôt ce matin. L’Archipel des Malouines est situé au sud-est de l’Amérique du sur, au niveau de la latitude 52°S. Il a été découvert par une expédition espagnole au XVIème puis 200 ans plus tard des marins de St Malo, les Malouins, l’occupèrent et lui donnèrent son nom avant que le Royaume-Uni ne le conquiert en 1833 et les renomment les îles Falklands.

Je n’arrive toujours pas à me remettre du décalage horaire et pour moi la nuit a été très longue et peu reposante. A 6h quand le réveil sonne je n’ai aucune envie de sortir du lit mais notre groupe (les rouges) est le premier à descendre à terre à 7h30. José nous l’a bien dit hier, nous sommes en expédition, pas en vacances.

Finalement, à 7h30, avec Max nous sommes prêts et même parmi les premiers, avec nos nouveaux amis, à débarquer sur le zodiaque pour New Island. Sur la plage un bateau démineur est échoué, un peu plus loin nous voyons quelques maisons. Le paysage me rappelle l’Irlande, c’est un paysage de landes dénudées. Nous prenons un chemin qui nous mène de l’autre côté de l’île, les premiers oiseaux que nous voyons sont des ouettes de Magellan (sorte d’oies), il y a aussi quelques lapins.

Après un petit kilomètre nous arrivons à destination : une falaise couverte d’oiseaux en train de couver leurs œufs. Le spectacle est fascinant, à perte de vue des milliers d’oiseaux. A droite il y a principalement des cormorans, ils sont noirs avec des yeux bleus mais au milieu d’eux il y a aussi des gorfous sauteurs, très amusant avec leurs plumes jaunes mais des yeux rouges assez inquiétants. J’en vois un qui va piquer des brindilles à son voisin pour les mettre dans son propre nid et si le voisin réplique il lui tire les plumes !

Les gorfous se déplacent en sautant et c’est impressionnant de les voir gravir ainsi cette falaise si verticale.

Ils protègent de leur mieux leur oeufs car le moindre moment d’inattention est fatal, les prédateurs sont au taquet et hop un skua vole un œuf qu’il dévore devant nous… Max est outré.

(Photos de Lorraine – même sans indication de ma part les plus belles photos sont de cette talentueuse photographe)

Sur la gauche de la falaise de magnifiques albatros à sourcil noirs couvent leurs œufs. Ils ne paraissent pas très grand leurs ailes repliées mais dès qu’ils les déploient, leur 2m d’envergure les rendent très intimidants.

Les deux heures à terre passent bien trop rapidement et nous devons ré-embarquer sur l’Austral pour une courte traversée .

 

Antarctique: Ushuaia et premier jour de mer

Mardi 1er décembre

Quelle belle façon de fêter nos 4 mois de voyage en partant pour l’Antarctique ! Ce voyage j’en rêve depuis des années. Lors de mon premier voyage autour du monde j’avais entendu le récit de voyageurs qui avaient eu la chance de s’y rendre, puis il y a 3 ans j’ai eu dans mon portfolio de projets de recherche, un projet sur les manchot royaux aux Kerguelen, j’ai même eu l’opportunité de le présenter à mes collègues. Alors quand cette idée de tour du monde m’est venue, j’ai décidé d’y aller. Cette croisière je l’ai donc réservée il y a plus de 18 mois ! Comme le départ me paraissait loin à l’époque… et aujourd’hui nous y sommes.

Enfin presque… Car sans téléphone portable, je n’ai plus de réveil et donc hier en fin d’après midi j’en ai acheté un. Sauf que je ne sais pas s’il va fonctionner et notre avion décolle à 7h05, pas question de le louper ! Avec en plus le décalage horaire dont je n’arrive pas à me remettre, je passe ma 4ème nuit blanche mais cette fois sans une seule minute de sommeil. Quand finalement le réveil sonne (!!!) à 4h15 je suis aussi excitée qu’exténuée.

DSC08946Le taxi vient nous chercher à 5h et 40 minutes plus tard nous sommes à l’aéroport. Mais là une très mauvaise surprise nous attend, pour l’enregistrement des bagages il y a une file gigantesque et pire encore complètement désorganisée. J’ai un moment de panique, notre avion est dans 1h20 et il n’y a a juste aucune chance que nous l’ayons, d’autant que je ne vois aucun membre du personnel de la compagnie et qu’au guichet de check-in ils ne sont que 3 à enregistrer les valises, la file ne fait donc que grossir.

Heureusement assez rapidement je repère des française et à tout hasard (et en croisant les doigts) je leur demande où ils vont : Ushuaïa… et en croisière avec le Ponent après ? Ils nous regardent Max et moi interloqués… Oui… c’est bien là qu’ils vont. J’ai l’impression qu’ils se demandent comment je peux bien le savoir ? Il faut dire que sur ces croisières il y a rarement des enfants et que la moyenne d’âge est plutôt (très) élevée. Pour moi en tout cas c’est le soulagement, je suis réunie avec le groupe et donc certaine de ne pas louper l’avion : OUF !

N’empêche que nous n’avançons juste pas, à 6h45, soit 1h15 après notre arrivée, nous n’avons avancé que d’un mètre et demi et nous sommes toujours hors de la file « officielle ». Heureusement d’autres guichets ouvrent et finalement nous arrivons à enregistrer nos bagages.

Puis nouvelle file pour la sécurité et enfin nous pouvons embarquer. Le vol dure un peu plus de 3h, je dors et Max regarde un dvd.

A l’arrivée c’est encore des files et bousculades pour récupérer les valises, nous étions plus de 300 à bord de l’avion et l’aéroport d’Ushuaïa  est plutôt petit.

En sortant, nous sommes divisé en groupe de langue et nous prenons des bus pour aller déjeuner à une vingtaine de kilomètres de la ville. A bord une guide nous parle de la ville et de la terre de Feu. Ushuaïa a 60 000 habitants, elle vit principalement du tourisme, de l’élevage, de la pêche, de l’exploitation des bois et du gaz. C’est la ville la plus au sud de l’argentine et elle est considérée par beaucoup comme la ville du bout du monde.

Il fait plutôt beau aujourd’hui, c’est une chance car notre guide qui habite ici depuis 30 ans nous dit qu’il y a moins de 30 jours de soleil par an. Dans une même journée il n’est pas rare d’avoir les 4 saisons, et quasi impossible de se baigner, la température de l’eau varie de 3 à 9 degrés et la température de l’air dépasse rarement 20 degrés en été. Bon, définitivement pas une ville où j’irais habiter.

En traversant la ville nous appercevons notre bateau, l’Austral…

DSC08973Nous déjeunons d’une spécialité locale, la parilla la viande (et dans notre cas l’agneau) est cuite en croix, doucement et longtemps sur des braises. Le résultat est délicieux. En dessert nous nous régalons d’une glace au « Calafate » qui est une sorte de cassis.

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Puis nous reprenons le bus pour aller dans le parc national de la terre de feu. Il se trouve près de la frontière avec le Chili et donne sur le détroit de Beagle.

A notre premier arrêt, il y a la poste la plus au sud de la terre de feu, c’est un minuscule bâtiment qui est pris d’assaut par mes co-croisiéristes (et encore des files). Max lui préfère sauter par dessus le petit ruisseau.

Je suis très contente de partir en croisière même si en même temps ça me fait très drôle d’être dans un groupe de touristes, d’autant que certain n’arrêtent pas de se plaindre.

Le deuxième arrêt nous donne une autre vue sur le canal de Beagle.

Et le troisième nous emmène au bout de la route 3, impossible d’aller plus loin.

Nous avons alors la chance avec Max (alors que les autres sont déjà dans le bus) de voir un magnifique condor.

Et enfin l’heure d’embarquer arrive !

Le capitaine nous accueille sur la passerelle, puis un steward nous emmène jusqu’à notre cabine. La cabine est luxueuse, Max saute de joie (et moi aussi), nous sommes tellement heureux d’être à bord. Mais pas le temps de nous reposer, nous devons essayer nos bottes (obligatoires pour descendre lors des escales), récupérer une parka (encore une file et pas de parka pour Max car il est trop petit) et bien entendu l’exercice d’abandon du navire. Max, lui, repère immédiatement la salle de jeu où se trouve (miracle) une wii !

Juste le temps de ranger nos affaires dans les armoires et nous allons dîner. La salle de restaurant est aussi luxueuse que le reste. Il y a des tables de 4 à 10 personnes. Comme nous ne connaissons personne nous nous dirigeons vers une table encore vide mais en passant, 2 passagères nous proposent de nous joindre à elle. Martine est une grande habituée des croisières, elle en est à sa 23ème dont 11 sur le Ponent. Elle connaît tout sur tout et nous donne pas mal de petits trucs dont la possibilité d’aller sur la passerelle avec les officiers au moment du départ. Le dîner est à la carte délicieux. Avec Max nous hallucinons complètement, tout est juste incroyable !

Quand nous finissons de dîner, il est 22h passé, le soleil c’est couché mais il fait encore clair. Nous montons à la passerelle où nous retrouvons une grande partie de l’équipage et une petite dizaine de passagers. Les amarres sont remontées à bord, l’ancre est levée et le commandant donne le signal du départ.

Nous avançons silencieusement dans le canal de Beagles, les lumières d’Ushuaia sont de plus en plus lointaines. Le moment est magique.

Mercredi 2 décembre

Aujourd’hui journée en mer pour rejoindre demain matin les îles Malouines (Falkland Island). Nous nous levons assez tard, juste à temps pour manger le petit déjeuner. La mer est calme et le ciel assez nuageux. Nous allons ensuite sur le pont où il y a une piscine. Max touche l’eau : elle est chaude ! Nous y rencontrons Isabelle et Jean-François qui viennent de Rennes. Ils sont extrêmement sympathiques et nous lions connaissance rapidement. Isabelle est aussi très motivée pour aller se baigner un de ces jours, Max est aux anges.

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A 11h, nous allons au théâtre pour un briefing obligatoire (feuille de présence à signer à l’entrée et à la sortie). Le commandant nous présente rapidement la croisière et José, le chef d’expédition nous explique les conditions de débarquement. En Géorgie du sud et en Antarctique, la réglementation IAATO nous impose un débarquement de 100 passagers maximum en même temps. Vu que nous sommes 233 sur le bateau nous devrons débarquer en 3 fois ce qui veut dire que nous ne resterons pas très longtemps à terre à chaque fois…

Max, lui, fait très rapidement connaissance avec les membres d’équipages et les passagers, c’est qu’il est le seul enfant à bord et est très content de ce statut d’exception. Il est en particulier très attaché à Pierre un des naturalistes à bord du bateau (qui ressemble beaucoup à Thierry Lhermitte !!).

En début d’après midi, d’ailleurs, Pierre donne une excellente conférence sur les manchots que Max suit très très attentivement. Pas facile ensuite de le motiver pour retourner travailler dans la cabine, d’autant qu’aujourd’hui c’est français.

En fin d’après midi il y a une autre conférence qui m’intéresse sur les îles Malouines mais vu qu’elle est en anglais je propose à Max de continuer à travailler seul pendant que j’y assiste. Il a trop peur de rester seul dans la cabine et je le laisse donc au bar où il devient tout de suite le chouchou des barmen !

Nous avons la chance (rare) de voir des globicéphales noirs (je n’en avais jamais entendu parlé) et déjà pas mal d’oiseaux.

N-0404N-0408N-0400N-0402 Ces belles photos sont l’oeuvre de la photographe du bateau, Lorraine.

En début de soirée nous retrouvons Isabelle et Jean François ainsi qu’un jeune couple Elodie et François au bar où nous prenons l’apéritif. Ici c’est open bar champagne compris !! Ah ma Yaya que tu me manques dans ces moments là…

Je suis vraiment heureuse de rencontrer des gens aussi sympathiques car sur un bateau, comme partout, il y a des gens beaucoup moins agréables dont un certain nombre de français très ronchons qui se plaignent de tout alors que je n’ai jamais été dans un endroit aussi luxueux et agréable où l’équipage est aux petits soins avec nous.

La mer est un peu houleuse ce soir et nous prenons chacun un « mer calme ».

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Buenos Aeres

Vendredi 27 novembre

Le vol est court mais nous permet de passer au dessus des Andes : magnifique !

La douane et de l’immigration passés, nous prenons un bus pour aller à notre B&B. Il se trouve en plein centre de Buenos Aires et nous sommes accueillis très gentiment pas la propriétaire.

Je suis tellement crevée que je m’allonge sur le lit et je m’endors 2h… Mauvaise idée mais je n’y peux rien !

Nous sortons un peu mais il pleut à verse donc après un petit tour au supermarché nous rentrons.

Samedi 28 novembre

Après une nouvelle nuit blanche, l’odeur du petit déjeuner me fait sortir du lit. Notre hôtesse nous a préparé un délicieux repas : œufs, pain, céréales, jus d’orange frais etc.

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Elle m’explique aussi comment me déplacer à Buenos Aires, car ce matin nous avons une activité importante : aller nous faire coupé les cheveux ! Oui, c’est pas courant de commencer la visite d’une ville comme cela mais c’est nécessaire, autant pour Maxou que pour moi.

Sur internet j’ai trouvé l’adresse d’un salon de coiffure et quand Max entre il n’est pas déçu : hyper rock-n-roll et avec un musique techno à fond. Les coiffeurs sont piercés et tatoués : j’adore.

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Nous sortons une demi heure plus tard tous les deux très contents !

Le reste de la journée nous nous baladons au hasard des rues, les argentins que nous rencontrons sont extrêmement gentils et nous aident dès que nous sommes un peu perdu.

Et quand Max commande un hamburger au Burger King il se retrouve avec ça : 4 steaks hachés, autant de bacon et de tranches de fromage!

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Dimanche 29 novembre

En fin de matinée, nous partons pour la feria de San Telmo, c’est Agustín, l’argentin que j’ai rencontré en NZ qui me l’a chaudement recommandé et nous ne sommes pas déçus. Il y a des centaines de stands d’artisanat, des musiciens, des marionnettistes, de la nourriture (délicieuse), des marchants d’antiquité.

Nous y passons toute l’après midi et Max autant que moi nous adorons. Je craque même pour deux peintures… très grandes : comment vais-je les ramener ou les envoyer ? Bah, on verra (ma chère Myriam tu risques de devoir t’en occuper quand tu nous rejoindras avec Lulu à noël…)

 

Déambuler dans la ville est extrèmement agréable!

J’avais aussi prévu de participer à la marche pour le climat à Buenos Aires mais malheureusement je n’arrive pas à savoir où elle commence… Max est assez soulagé car après avoir marché des kilomètres aujourd’hui, il est épuisé.

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Lundi 30 novembre

Lundi 30 novembre

DSC08903Aujourd’hui l’objectif de la journée est de m’acheter des chaussures, genre escarpin noir simple et classique pour notre croisière (de luxe et en chaussure de marche ça va pas le faire)… Bon ok, entre le coiffeur et les chaussures c’est une façon un peu différente de visiter cette magnifique ville !

Nous partons donc pour le quartier populaire mais la à ma grande surprise il n’y a quasiment de des chaussures à plateforme plus horribles les unes que les autres… Max prend d’ailleurs un malin plaisir à les photographier. Je pense avoir visité plus de 30 magasins : le pauvre ! Finalement une petite paire de ballerines noires qui ne valent même pas une photo…

Par contre grande déconvenue, un pickpocket a ouvert mon sac sans que je m’en rende compte et m’a volé mon porte monnaie (moins de 5 euros ouf) mais surtout mon téléphone portable. Je suis vraiment embêté, surtout qu’ici impossible d’en acheter à un prix correct. Un modèle vendu débloqué à 100 euros en Belgique est ici à près de 350 euros !

Bon heureusement Mymy et Lulu nous rejoigne à Noël et je fais rapidement une commande sur amazon qu’ils m’emmèneront.

De toute façon dans les 15 prochains jours je n’ai pas besoin de portable: nous partons demain hyper tôt pour l’ANTARTIQUE !! Donc pas de post avant le 15 décembre.